Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Élection 2019 : gagnant cherche challengers

Morne paysage politique ! Il n’y a tellement plus rien en face que les appareils du pouvoir lancent eux-mêmes des initiatives d’alliés. Dont cette idée de “front commun” TAJ qu’il a commencé à balader.
Si Ghoul peut faire de la politique et proposer des coalitions,
si Sahli peut en faire et appeler Bouteflika à briguer un cinquième mandat, c’est parce que Bouteflika a réussi la désertification politique du pays. Le résultat en est qu’aujourd’hui, l’enjeu de destin national se résume à la seule question de savoir si le Président compte repartir pour un cinquième round ou pas.
Sans réponse à cette question, toute projection est interdite. Car comme le dit Ould Abbes, avec raison, “si Bouteflika se présente, il gagnera”. D’ailleurs, on vient de l’observer au Zimbabwe et au Mali : dans le tiers-monde politique, l’opposition ne gagne jamais. Et le Président sortant consent rarement à… sortir juste parce que le vote lui est défavorable.
Mieux encore — et on comprend pourquoi —, Ould Abbes n’en finit pas de fanfaronner. Si ce n’est pas Bouteflika qui se présente pour un cinquième mandat, ce sera toujours un candidat du système estampillé FLN qui entamera la nouvelle série de mandats. En l’état politique actuel du pays, il est le seul à être assuré de la victoire ; tous les autres peuvent, au mieux, gagner par procuration, pour ceux qui arriveront à conserver ou gagner une place de soutien au Président ou, au pire, pouvoir se présenter à la présidentielle et essuyer une défaite nécessairement cinglante. Parce qu’il l’a dit d’entrée de jeu, Bouteflika ne s’autorise que des victoires “avec une majorité écrasante”.
La possibilité pour les clans d’utiliser le sigle de la Révolution constitue le principal handicap à l’aboutissement du processus démocratique en Algérie. Trente ans après la fin théorique du parti unique et l’inauguration de l’ère multipartite, le système se sert toujours du symbole de la lutte de la Libération nationale, transformé en appareil d’embrigadement et en machine de fraude financés par les deniers publics, pour monopoliser le pouvoir. Mais ce pouvoir dispose, en plus du budget de l’État, de toutes les institutions pour exécuter son action politique. Et aussi de toutes les organisations sociales et privées qui le veulent…
Il ne restait qu’à neutraliser les forces gagnées au pluralisme qui se sont révélées à la lumière de la révolte d’Octobre 1988. Ce qui a été méticuleusement réalisé, essentiellement par le procédé de corruption généralisée de la société, comme l’a expliqué Sid Ahmed Ghozali. Une société que le régime a su segmenter avant d’arroser chacun de ses compartiments de la dose de corruption “suffisante pour”, comme on dit en pharmacologie.
Maintenant qu’il a fait place nette, et qu’il n’y a pas face à lui de quoi faire illusion d’une vie politique, le régime est contraint d’animer lui-même la scène publique !

M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER