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contrechamp / ACTUALITÉS

Élection : le MSP a pris son indécision


Contraint de se décider sur sa participation à  l’élection présidentielle annoncée, le chef du MSP s’est entortillé en justifications au sujet de son refus de présenter sa candidature.

Dans un langage codé, il s’est adressé à ceux qui risquent de lui reprocher son abstention plus qu’à ceux qui l’approuveront.
En clair, il invoque un problème d’inadaptation à un contexte inédit d’incertitude concernant l’identité du candidat du pouvoir. Or, cela fait vingt ans que, pour le MSP, les élections étaient devenues un sport collectif encadré, et voici qu’on lui demande de se définir en dehors de toute “opportunité de consensus et d’alliances” visible. Avant, Bouteflika assurait une coopération “gagnant-gagnant” à tous ceux qui consentaient à faire partie de son attelage à la seule condition de laisser son programme, ses visions et ses convictions chez soi, quand on en a. On était alors sûr de ne rien apporter au pays, parce qu’il n’y en avait que pour “le programme du Président” et “les orientations du Président” ; on était même sûr d’apporter sa caution à une entreprise de pillage national, mais on était sûr aussi de gagner les élections.
Même s’il a exposé quelques griefs techniques concernant le prochain scrutin — au sujet des listes électorales et du vote des corps constitués, en particulier —, c’est “l’empressement de certains à se porter candidats sans coordonner avec la classe politique et la société civile” qui semble avoir faussé les calculs du parti islamiste et de son leader : il n’y a pas “une alliance de pouvoir” préalablement négociée. Et cela, c’est la faute à “la politique du régime”.
Makri proclame qu’on ne devrait pas en vouloir au MPS “à partir d’une position très complexe à prendre” ! Ce n’est pas sa faute, argue-t-il, si l’on est parvenu à ce niveau de polarisation politique, “indice d’une grave division”. 
Il dit cela au moment où le peuple n’a jamais exprimé un tel état de cohésion, de communion. C’est dire combien le système Bouteflika, qui a déconnecté la sphère politique de la réalité sociale, est prégnant chez ses alliés et partenaires, même s’il leur arrive d’occuper, à l’occasion, la fonction d’opposants !
Car, en fait, “la division” n’est que dans les rangs du régime ; c’est lui qui n’a pas révélé les figures à travers lesquelles il compte se présenter, poussant les impatients à se déclarer et les ombrageux, comme le FLN, à se retenir. L’opposition, la vraie, celle qui revendique le changement de système, agit et s’exprime, quant à elle, dans une totale cohésion. Après s’être excusé d’avoir pris une décision que lui dicte le contexte politique, Makri laisse ouverte la porte pour quelque opportunité d’alliance qui viendrait à s’offrir. C’est dire qu’il n’a pas pris de décision, mais juste adopté une posture.
Le MSP ne veut s’aliéner ni le peuple qui refuse l’élection restauratrice du régime ni le régime qui l’organise. Ce refus avec ouverture, est-ce finalement une décision ? “El harbou khidaâ”, n’est-ce pas ? 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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