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contrechamp / ACTUALITÉS

En attendant la surprise du chef

Une agitation soutenue secoue le FLN et le RND ces dernières semaines. Elle est significative d’une anxiété partagée des deux partis du pouvoir.
Dans la norme d’une vie politique démocratique, ce sont les partis qui tracent la perspective et font tout pour la concrétiser. En particulier lorsqu’ils sont réputés détenir la majorité de la représentation nationale. Mais dans notre situation, ces formations dites “du pouvoir” se mettent, à la veille de chaque échéance, à parader pour attirer l’attention du décideur. Car, en effet, et comme vient de le rappeler Abdelaziz Ziari, les décisions politiques “se prennent loin du FLN”. Et, à plus forte raison, loin de tout autre parti politique.
Dans le contexte actuel de veille de présidentielle, les échanges d’amabilités entre Ould Abbes et Ouyahia, avec Chakib Khelil en guest star, s’amplifient, révélant une certaine impatience du sérail de connaître les intentions de Bouteflika. C’est que lui-même n’est peut-être pas fixé, soit parce que son état de santé ne l’autorise pas à se projeter dès maintenant dans la perspective d’un cinquième mandat, soit parce qu’il préfère se réserver l’atout d’être seul à savoir son véritable dessein. On se rappelle la manière dont maître Ksentini a été démenti pour avoir divulgué le contenu d’un échange avec le Président au sujet d’un cinquième mandat. Candidat ou pas, Bouteflika maîtrise la totalité des scénarios pour 2019. On ne voit pas, en effet, comment l’actuel Président pourrait envisager une élection dont le résultat lui échapperait. Trop d’intérêts seraient menacés par le possible avènement d’un pouvoir alternatif. Il faut s’attendre alors à ce que, jusqu’à sa décision finale, la scène autour de lui restera donc animée.
À y regarder de près, les protagonistes qui occupent la scène politique ne sont pas opposés par des enjeux politiques. D’ailleurs, le pays n’en a pas, sinon celui de choisir entre Bouteflika et le successeur choisi de Bouteflika. La compétition dans le sérail ne porte donc que sur la place de chacun dans la prochaine configuration du pouvoir. En quinze ans, tout le monde a pu l’éprouver : le personnel politique du régime est interchangeable. En commençant dès maintenant à jouer des coudes, les clans nous annoncent une année 2018 tapageuse.
Un long processus de normalisation a conduit le pays à cette situation où la continuité constitue la règle et où l’alternance constitue l’imprévu. Et au lieu et place d’un débat portant sur l’avenir national, la scène politique nous offre le spectacle de scènes de ménage suscitées par les ambitions contradictoires de cour. Ces controverses de feuilleton ne manqueront pas de nous faire passer le temps pendant qu’on nous prépare, dans la cuisine des décisions, la surprise du chef.
Les faux débats servent à nous faire oublier les enjeux.

M. H.


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