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contrechamp / ACTUALITÉS

En marche pour le cinquième mandat

“Honnêtement, je n’exclus pas un cinquième mandat”, a dit Abdelaziz Ziari sur le ton de l’aveu. Si le propos de l’ancien président de l’Assemblée nationale prend cet air de confession, c’est juste parce qu’il mesure, au fond, la gravité d’une telle perspective pour le pays et pour son peuple, même s’il la souhaite comme tous ceux qui ont intérêt à ce que Bouteflika leur maintienne encore le pays enchaîné pour que la curée se poursuive.
Mais, plus politiquement, le cinquième mandat se justifie largement au vu des motifs qui ont légitimé les troisième et quatrième mandats.
Ceux qui s’opposeront à cette éventualité argueront, le moment venu, de ce que le candidat Bouteflika serait, très probablement, en moins bonne santé en 2019 qu’il ne l’était en 2014. Or, en 2014, alors qu’il était assurément en moins bonne santé qu’en 2009, l’argument a été accueilli avec une arrogance qui confine au mépris. Les tenants de cette objection se heurteront à la question de l’établissement et de la mesure du niveau d’incapacité physique ou intellectuelle qui induit l’empêchement d’un candidat à la présidence. Et puisque le secret autour de son véritable état de santé semble bien gardé, ce sera parole de détracteurs contre parole de zélateurs. Et à ce jeu, on connaît le gagnant.
D’autres entraves, de nature constitutionnelle et autre, seront éprouvées par les tenants du changement. Mais au moment où Bouteflika fera part de sa décision, s’il décide alors de poursuivre sa carrière de chef d’État, il en sera nécessairement ainsi.
D’abord, pour la raison simple qu’il a mis les institutions dans un état de subordination totale. Celles-ci ont toujours montré une entière disponibilité à concrétiser ses volontés politiques en enjambant les contraintes formelles qui viennent les contrarier. Et il n’y a pas de raison pour que cela change d’ici à un an et demi. D’autant plus que, dans la plupart des cas, ces institutions sont confiées à un personnel qui trouve intérêt à cette durabilité conservatrice.
Ensuite, parce que, depuis bien longtemps, le peuple n’exprime plus aucune aspiration pour une quelconque évolution politique. Il ne met pas son avenir en perspective et ne réagit qu’à la virtualité du court terme. Il a peur du lendemain, mais du lendemain au sens littéral du terme : dès que le propos prêté à Ouyahia sur l’incapacité du Trésor à payer les salaires de novembre a été démenti, l’attention prêtée à la question de la crise a baissé. Et comme en plus il n’a pas évoqué la moindre atteinte à “l’acquis” des subventions dans son plan d’action, il a achevé de désamorcer tout intérêt à la chose publique, au moins, jusqu’à l’examen de la loi de finances.
Ce n’est pas à une vox populi qui, en pleine banqueroute nationale, ne palabre que de la pénurie de bananes qu’on peut prêter l’intention de… changer de régime. D’ailleurs, le ministre du Commerce a vite fait de remédier à cette omission du plan d’action du gouvernement.
Un plan qui est le contraire d’un plan anticrise : un coûteux programme de campagne électorale anticipée.

M. H.


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