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contrechamp / ACTUALITÉS

Entreprise, entre littérature et réalité

“L’entreprise, c’est maintenant”. Tel est le slogan de l’université d’été du Forum des chefs d’entreprise. Vu le sentiment d’échec qu’a laissé le président qui, en France en 2012, avait popularisé la formule aujourd’hui plagiée par le Forum, on se demande si le promoteur de l’évènement n’a pas, délibérément, voulu y attacher quelque sombre prémonition.
Le publiciste en question ne s’est pas suffi de glisser un mauvais pressentiment dans l’enveloppe de cette université. Il a laissé entrevoir, à travers sa devise, que le salut du pays, loin d’être dans ce tandem “pouvoir économique-pouvoir politique” animateur de la rencontre, est plutôt dans la partie dissimulée du slogan imité : le changement.
“Le changement, c’est maintenant !”. C’est l’incantation matraquée par François Hollande au fil de ses meetings de campagne. Il a certes porté bonheur, peut-être pas aux Français, mais à Hollande qui remporta les élections. Il a, en quelque sorte, réussi le “maintenant”, mais pas la suite, pas le changement. C’est ce mot d’ordre que nos entreprises syndiquées ont donc adopté pour leur forum de rentrée post-faillite. En le contrefaisant, ce qui est une spécialité nationale, mais aussi en l’adaptant. L’oligarchie rentière ne va tout de même pas parler de changement ! Et en présence d’un Premier ministre et de ministres de combat contre cette idée de changement actuellement en vogue ?
L’entreprise du système oligarchique n’a pas vocation à changer. D’ailleurs, Ouyahia l’a assuré et avec solennité : la crise, ce n’est pas pour vous ; il y aura encore plus de marchés publics, même si c’est avec de l’argent imprimé et non gagné, et il n’y aura pas de concurrence étrangère.
Ni locale. Mais cela, il ne l’a pas dit. Car, dans cette vie rêvée des entreprises, les privilégiées d’entre elles ne doivent souffrir aucune gêne dans leur activité de butinage frénétique.  Comme ce groupe qui s’autorise à reprendre les idées de projets d’entreprise mal-aimées et les réaliser pendant qu’on bloque leurs initiateurs. Il fait ainsi l’économie d’idées et d’études de projets !
En Algérie, quand le discours officiel fait l’éloge de l’entreprise, il ne pense pas à l’entreprise, il pense à des entreprises. Parce que l’entreprise, dans notre culture, c’est l’enrichissement, “c’est maintenant” ;  ce n’est pas l’avenir, ce n’est pas le développement.
Si le développement était une préoccupation, après un tel fiasco qui vient couronner dix-huit ans de mauvaise gestion, on s’arrêterait un peu. Et, sûrement, qu’on s’apercevra que l’entreprise de demain, ce n’est pas l’entreprise de “maintenant”, l’entreprise invalide mais vorace qui vit de siphonner la rente, puis…d’imprimer de l’argent !
 Il n’était pas nécessaire de se réunir et de médiatiser la célébration de cette gestion de l’accaparement. Elle a fini par désenchanter même les enfants. Il y avait dans le regard filmé de ce gamin de onze ans, parti de Mostaganem sur un bateau de fortune, l’espoir de trouver un autre lieu pour ses rêves. Le lendemain, c’était autour d’une mère et de ses enfants de tenter l’aventureuse traversée. Il ne sert à rien d’être fécond en littérature économique quand son pays est ainsi réduit à produire des “boat people”.

M. H.


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