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contrechamp / ACTUALITÉS

Et retour au tout-pétrole !

En regardant notre pouvoir agir, on le devine : la crise, pour lui, est passée.
À peine le prix du baril a-t-il commencé à se rétablir qu’il a oublié le slogan de “nouvelle politique” de développement devant favoriser l’économie de production et affranchir enfin le pays de la dépendance pétrolière. Bien plus tôt, le gouvernement, se rappelant la panacée de la planche à billets, jetait aux orties son furtif serment de “trajectoire budgétaire” qui devait le contraindre à un minimum de discipline financière pendant les trois exercices de 2017, 2018 et 2019.
Depuis la manifestation de ces velléités de gestion, le cours des hydrocarbures s’est relativement stabilisé. Même s’il est cependant resté bien en deçà du prix qui a autorisé une quinzaine d’années de dissipation et de déprédation, nos autorités n’en ont plus que pour le gaz et le pétrole : nouveaux contrats d’exploration, retour au projet d’exploitation du gaz de schiste, l’offshore… Elles relancent aussi l’activité d’organisation de rencontres multilatérales et bilatérales entre pays producteurs, syndiqués ou pas. Au point d’inspirer à un confrère le titre réjoui d’“Alger, Mecque de l’énergie”. À ce train, on réussira bientôt à fermer les installations concurrentes de Vienne.
Nos dirigeants, c’est connu, excellent dans l’organisation de salons et forums. Et, pour les budgets correspondants, ils ne comptent pas. L’effort consiste juste en la création de titres ronflants pour faire illusion de top know, genre “Algeria Future Energy”. Avec le volubile P-DG actuellement à la tête de Sonatrach, ce ne sont pas les effets de verbe qui pourraient manquer. Si l’on en juge par les incidents qui touchent parfois des installations, on penserait que dans cette compagnie, on entretient mieux la communication que les équipements.
Pendant ce temps, une nouvelle loi sur les hydrocarbures est “dans les tuyaux”… du bureau de conseil américain en charge d’orienter la politique d’exploitation de nos ressources énergétiques. Beaucoup de partenaires potentiels semblent attendre ses “effets attractifs”. On comprend alors pourquoi tous ces patrons de compagnies pétrolières qui, ces jours-ci, font le “pèlerinage” d’Alger et de Hassi Messaoud : certainement pour s’enquérir de l’avancement et de la tendance du projet de loi.
Nous voici, donc, ataviques rentiers, revenus au tout-pétrole, à peine le baril a-t-il effleuré quelquefois les quatre-vingt dollars. On peut juger de l’effort consenti, dans l’intervalle, pour la diversification industrielle à ce chiffre : l’Algérie est passée de la 166e à la 157e place dans le dernier classement Doing Business réalisé par  la Banque Mondiale. Ce “bond en avant” nous permet de rester devant les quatre pays Mena en guerre : la Libye, la Syrie, le Yémen et l’Irak.
La politique économique n’ayant jamais servi à autre chose qu’à organiser la répartition privative de la rente, le climat des affaires se fait encore plus rebutant quand l’argent de la rente vient à manquer.
Revoici donc l’avènement d’une politique de développement économique remis aux calendes grecques.

M. H.


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