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contrechamp / ACTUALITÉS

Etat, décision et responsabilité

L’explication était unanime que le Conseil des ministres du 9 mai a été reporté parce que la loi de finances complémentaire, qui en était l’objet, instituait de nouvelles taxes et en augmentait d’autres. Ce rude coup de pression fiscale n’aurait pas été “du goût du président Bouteflika” qui a alors demandé au gouvernement de “revoir sa copie”.
Pour une fois, la méforme du chef de l’État n’a pas été invoquée pour interpréter ce report d’activité présidentielle. Tous les journaux et journalistes qui ont eu à porter cette bonne nouvelle se sont prévalus, à ce sujet, d’”une source proche d’El Mouradia”. Mais, voilà : le Conseil des ministres du 9 mai n’a pas eu lieu et le gouvernement s’est réuni, une semaine plus tard, mais le projet LFC-2018 qu’il a adopté introduit une taxation, concernant les documents administratifs en particulier, d’un niveau usuraire ! Et la même communauté médiatique a détourné le regard…vers cette révision, supposée avantageuse, d’une autre décision : l’État ne donnera finalement pas de fermes en concession à des agriculteurs étrangers.
Si le Conseil des ministres était revenu sur le niveau d’imposition exorbitant appliqué à certains “services publics” par le projet de LFC 2018, la théorie du “bon calife et du mauvais vizir” aurait encore marqué des points. Mais les faits ayant fait échouer l’opération de propagande, celle-ci a été suivie de silence. Les multiples communicateurs bénévoles de la Présidence ont raté leur coup, simplement parce que le pouvoir n’a pas d’autre choix que de prendre plus d’argent aux citoyens. Et le déroulement des choses n’a fait que confirmer l’homogénéité d’un Exécutif tellement monolithique que la Constitution a dû abolir l’institution du Conseil de gouvernent pour s’assurer de son unité de direction.
Mais qu’est-ce qui fait que les forces politiques-et cela a toujours été observé chez des leaders comme Louisa Hanoune-, les forces sociales, les “observateurs”, les “experts” et même l’opinion générale font semblant de distinguer entre un Président prévenant et des collaborateurs abusifs ?
Cette invention d’une dysharmonie salutaire du pouvoir n’est que le signe de leur impuissance admise de ne rien pouvoir changer aux choses. Alors, autant chercher, voire susciter, dans le pouvoir, une instance de recours contre les abus et injustices de ce même pouvoir. Cette attitude explique la banalisation de la “lettre ouverte au président de la République”. Un peu comme s’il n’était pas déjà au courant du blocage des équipements de Cevital par le port de Béjaïa ou de l’impasse à laquelle est parvenu le conflit entre les médecins résidents et le ministère de la Santé. D’ailleurs, si c’était le cas, cela poserait un problème autrement plus grave de fonctionnement de l’État.
Ce n’est politiquement pas très sain d’incriminer les parties d’un système dans les effets de ce système comme entité dirigeante. Alors que, d’un côté, tous les personnels et toutes les structures de ce système se revendiquent, dans leur action, du “programme du président de la République” et que, de l’autre, le Président, en tant qu’autorité émettrice d’orientations officielles, ne peut qu’endosser leurs effets produits à travers l’action d’institutions exécutives.


M. H.


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