Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Faillite du pays, prospérité du clan

Alors que deux usines de trituration de graines oléagineuses sont en projet au port de Djen Djen, le directeur du port de Béjaïa maintient “sa” décision de blocage des équipements importés par Cevital pour les besoins d’un projet du même genre. À l’évidence, il y a là plus que des faits de discrimination ; les difficultés de l’un sont liées aux facilités des autres. Les embûches qui, ces dernières années, ont jalonné le chemin du développement du groupe Cevital sont trop nombreuses pour être listées en un article.
Rappelons seulement ce fait : pour la première fois que le pouvoir a pris l’initiative, il y a quelques années, de suggérer une filière d’investissement à des entreprises, il l’a fait pour le sucre. Et au profit d’opérateurs choisis. Le prétexte était de juguler un monopole sur le sucre. À la bonne heure ! Et vive la concurrence, garante de qualité et de bas prix !
Mais, aujourd’hui, il ne trouve pas d’inconvénient à organiser d’avance un quasi-monopole du traitement des graines oléagineuses au profit d’autres entrepreneurs choisis et en en excluant arbitrairement un troisième !
Explication. Dans le système rentier actuel, les familles d’affaires privilégiées ouvrant droit à souscrire au partage de la rente constituent une nomenclature qui, désormais, relève du secret de Polichinelle. Même réduite à sa portion congrue sous l’effet de la baisse du prix des hydrocarbures, cette rente doit continuer à enrichir l’oligarchie. Quitte à endetter l’État pour qu’il puisse s’acquitter de ses obligations légales. Pris d’une irrésistible impulsion d’enrichissement clanique, le régime a engagé l’État dans ce processus de répartition privative d’une partie des ressources nationales. Et pour s’assurer que ne prospèrent dans ce pays que ses “élus”, il s’est convaincu de devoir barrer la route de l’épanouissement à tout projet économique mené par un opérateur qui n’aurait pas, préalablement, fait acte d’allégeance politique. Là aussi, et selon le mode de répression choisi, des institutions sont affectées à ces tâches de blocage. La CNI vient de statuer sur deux projets de canettes en aluminium, l’un présenté par une joint-venture et bloqué depuis trois ans et l’autre, récent, présenté par le groupe Kouninef : le premier a été rejeté et le second a obtenu l’accord de la commission.
Les régimes successifs de l’Algérie indépendante ont adopté une posture de succession par rapport au régime colonial délogé. Jusque dans l’occupation des espaces de pouvoirs, de résidence et de loisirs, dans les aménagements de bureaux, le type de voitures officielles, le maintien physique, les choix sémantiques… Mais c’est surtout en matière de gestion que s’observe cette contagion de la raison coloniale, en particulier sous le régime actuel : le réflexe d’accaparement foncier fondateur du système, la collusion personnelle entre la hiérarchie politico-administrative et la corporation des possédants, la formation du réseau de “familles” autorisées à jouir du favoritisme du système…
À n’en pas douter, l’histoire retiendra de cet épisode l’image d’autres nuits d’épreuves mutilantes pour le pays. La question s’imposera alors : comment autant de gens ont-ils pu soutenir une telle œuvre de contre-développement ?

 
M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER