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contrechamp / ACTUALITÉS

Fausse route

Si les manifestations de ce huitième vendredi de révolte constituent une réponse au discours prononcé à Oran par le chef d’état-major de l’ANP, le message est explicite : le peuple exige toujours avec la même insistance le départ du régime intégral.

L’autorité militaire ainsi que le versant civil du pouvoir représenté par le tandem Bensalah-Bedoui  semblent faire une méprise sur l’objet réel de la révolution populaire pacifique. Ou alors le saisissent-ils tout en sous-estimant la détermination du peuple à aller au bout de son projet. 
Comme s’il y croyait, Gaïd Salah n’a pas lésiné sur les arguments supposés dissuader les Algériens de poursuivre leur marche vers la République : insinuations à peine voilées quant à la “main étrangère”, volonté de disqualifier les représentants pressentis du mouvement pour avoir supposément bénéficié d’une promotion étrangère et autres agissements d’“ennemis intérieurs et extérieurs”… La menace ne nous a pas été épargnée, non plus, par le vice-ministre de la Défense allant jusqu’à évoquer l’état de siège, même si c’est pour dire que l’armée n’en voulait pas !
Dans le même registre, Bensalah a hâté la convocation du corps électoral, histoire de mettre, par cette annonce, les Algériens devant un fait accompli institutionnel. 
En créant un contexte psychologique défavorable à la poursuite de la revendication populaire pour une réelle rupture, le pouvoir espérait imposer, dès ce vendredi, un début de dépression au mouvement de rue. Et pour aider à cette illusion de fléchissement de la mobilisation, il a tout fait pour contrecarrer la marche d’Alger, histoire d’en atténuer l’ampleur, parce que ce sont les images des manifestations d’Alger qui rayonnent le plus à travers les médias professionnels et sociaux. 
L’étouffement de la manifestation d’Alger devait exprimer un début d’adhésion à l’agenda électoral de Bensalah et traduire l’impact démotivant du discours du chef d’état-major. Et pour y aider, la gendarmerie a été chargée de décourager et de gêner l’accès à la capitale, dès jeudi. Le matin du vendredi, la police a voulu comprimer au maximum l’espace de rassemblement dans le centre d’Alger, obligeant les manifestants à un confinement plus oppressant qu’à son habitude. Ce qui aggravait l’effet des provocations (tir de bombes lacrymogènes au Tunnel des facultés et intrusion d’un canon à eau au milieu d’un rassemblement compact de manifestants au bas de la rue Didouche-Mourad, notamment). Provocations qui trouvèrent écho dans la violence de jeunes émeutiers venus profaner le caractère pacifique de la marche.
On n’a pas attendu longtemps pour confirmer, avec les arrestations d’hier après-midi, l’orientation répressive nouvelle de la gestion du mouvement populaire.
Mais on n’a pas attendu plus longtemps pour vérifier l’impact négatif pour le régime de ce retour à la répression : alors qu’à Alger, les magistrats annonçaient le boycott de l’élection présidentielle prévue pour le 4 juillet, à Béchar, les habitants de la ville “accueillaient” le ministre Dahmoune par des huées. 
Ces développements montrent déjà que le régime fait fausse route s’il croit pouvoir entreprendre sa “transition de survie” avec une gestion agressive des manifestations et un gouvernement que le peuple récuse.


M. H.


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