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contrechamp / ACTUALITÉS

Faux grands enjeux et vrais petits calculs

Ce week-end, les partisans de la continuité se sont présentés sur la ligne de départ. Devant l’impossibilité politique d’une solution alternative à la reconduction de la présidence Bouteflika, les différentes forces affiliées au régime sont finalement contraintes de reconduire Bouteflika. Pour gagner du temps… Mais sans savoir trop à quoi il leur servirait car aucune de ces forces n’a la naïveté de croire que cette “alliance” de comparses survivrait au règne de Bouteflika. Tous les concernés font semblant de croire qu’une voie de dégagement viendra bientôt les sortir de cette impasse, mais chacun pense, in petto, à s’aménager la meilleure position pour quand il faudra aborder l’après-Bouteflika.
Avec la complication supplémentaire que les leaders et militants des partis du pouvoir et des formations alliées ne sont pas les seules, ni même les plus importantes forces engagées dans la bataille pour la pérennité du régime. D’autres forces se sont structurées, en cours de règne, pour défendre leurs colossaux intérêts, des intérêts qui forment l’enjeu primordial de cette escale politique : des corporations professionnelles, des réseaux d’affaires, des clans de pouvoir, des collectivités d’intérêts nées et structurées dans les institutions…
Pour l’heure, le sursis du 18 avril constitue un objectif commun mais n’est qu’une étape transitoire pour chacun. Ils doivent agir “comme un seul homme”, sans hésiter et sans poser de conditions. Chacun mise ce qu’il peut et espère récolter les dividendes de sa contribution une fois le scrutin expédié.
Côté pouvoir, c’est l’unique enjeu de ce vote sans incertitude : le placement des ambitions post-Bouteflika. La controverse sur la fraude du FLN aux dépens du RND, cette fois-ci, témoigne de la réalité et de l’importance de ces calculs post-alliance !
Côté opposition, la question du statut même de cette élection reste à résoudre : celle de savoir si, en la situation politique actuelle, on peut considérer ce qui se prépare pour le 18 avril comme une élection. Déjà que, par un double procédé de corruption d’élite et de masse, la répression de l’action politique et l’étouffement de l’expression publique, cette opposition a été rendue techniquement et politiquement inopérante !
La voilà déchirée, à l’approche de chaque élection, entre la réalité d’une “démocratie” asservie et la tentation d’une participation gratifiante ! Les leaders de l’opposition ont un rapport bipolaire à l’élection. J’y vais, j’y vais pas. Ce tiraillement a été illustré hier par la décision de Zoubida Assoul de soutenir le candidat Ghediri. La direction de son parti venait de proclamer que “les conditions objectives de la tenue d’une compétition électorale honnête et transparente ne sont pas réunies” et Mouwatana, mouvement dont elle est le porte-parole, avait appelé au boycott si Bouteflika se présentait. Mais au moment où cette candidature se précisait, Assoul annonçait sa volte-face. Son soutien qui n’est d’ailleurs pas en cause dans le principe, mais comment pourrait-elle justifier un revirement qui fait fi des résolutions de son parti et du mouvement auquel elle est associée ?
Le projet démocratique est, depuis son avènement, d’abord victime des calculs d’étroits intérêts de circonstances.


M. H.

 


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