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contrechamp / ACTUALITÉS

Femmes, quota et démocratie

Depuis que le Bureau régional pour les États arabes du Pnud a annoncé que l’Algérie est “le premier pays arabe à avoir dépassé le seuil de 30% de la représentation féminine dans les assemblées élues”, l’information est triomphalement relayée par les autorités et les médias d’autoglorification.
Au demeurant, si l’ONU et ses démembrements avaient vocation à accompagner le progrès de la démocratie, de la liberté et d’une juste répartition du pouvoir parmi les peuples dans le monde en général et du tiers-monde en particulier, ce ne sont pas les occasions de le savoir qui ont manqué. Et ce n’est pas en égrenant annuellement une arithmétique désincarnée de l’état politique de la planète, de ses régions et de ses États qu’elle risque de le faire évoluer.
Cette publicité autour du passage de la barre des 30% de femmes élues est supposée nous alerter sur une avancée démocratique que nous n’aurions peut-être pas vue. Le peuple ne connaît parfois pas son bonheur et le pouvoir se voit contraint de le lui agiter sous les yeux !
Pourtant, il est aisé de constater, à travers les contributions de nos élues et de nos dirigeantes au débat public et au progrès civilisationnel, que le rééquilibrage des proportions en genres ne constitue aucunement un levier d’amélioration démocratique d’un régime. De Naïma Salhi, expression vivante de ce que notre société peut renfermer de haine, d’archaïsme et de sectarisme, à cette ministre qui demandait à ses concitoyennes occupant de hautes responsabilités de l’État de renoncer à leurs salaires et de s’en remettre au devoir d’entretien qui échoit à leurs conjoints, les exemples de performances progressistes féminines ne manquent pas.
La condition d’opprimé, que cette oppression soit fondée sur la différence de sexe, de race, de culture, d’opinion ou de classe, ne prépare pas, forcément, à des prédispositions humanistes et ne prémunit pas toujours contre les penchants antidémocratiques. L’histoire des indépendances en donne les meilleures illustrations : c’est parmi le personnel dirigeant des révoltes anticoloniales que se sont recrutés les dictateurs les plus despotiques des pays nouvellement libérés, et les serviteurs les plus cruels qu’ils ont utilisés dans la répression de leurs peuples. La sujétion volontaire et intéressée que l’on observe un peu partout, en contexte autoritaire, est la preuve que l’être humain, à l’origine, libre par nature, peut être conditionné pour renoncer à sa liberté !
Les partis islamistes ont, les premiers, compris le bénéfice politique qu’il y a à recruter des femmes qui défendent l’ordre sexiste obscurantiste. Malheureusement, la vie parlementaire nationale et la vie institutionnelle, en général, leur donnent raison : le principe du quota a plus servi la régression politique qu’il n’a consolidé la démocratie. Ce n’est pas un hasard que, par rapport aux législations passées, moins féminisées, l’on vienne de reculer sur le thème-témoin de l’IVG !
Car, au commencement, il y a la démocratie. Et la démocratie, c’est une ambiance, un mouvement animé par un pouvoir démocratique. Dans ce cas, la femme peut contribuer au progrès avec sa sensibilité propre. Mais si le contexte est un contexte de recul démocratique, la femme y participera aussi. Et avec une certaine efficacité.


M. H.


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