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contrechamp / ACTUALITÉS

Février-Novembre


Ce 1er novembre 2019 ne ressemblera à aucun de ceux qui ont marqué l’Histoire du pays depuis le déclenchement de la guerre de Libération. Il ponctue un soulèvement d’une ampleur et d’une détermination inédites qui porte l’ambition populaire de se réapproprier une souveraineté difficilement recouvrée, mais immédiatement confisquée. 
Parce qu’il coïncide avec la commémoration de l’initiative révolutionnaire, le hirak compte faire de ce trente-septième vendredi de manifestation un jour de mobilisation exceptionnelle.  Alors que, sur le territoire, des citoyens s’organisent pour rallier la capitale plus interdite que jamais, l’actualité est marquée par la plus grave crise que l’institution judiciaire ait jamais connue.
Oscillant entre doléances professionnelles et revendication d’indépendance, les magistrats semblent se heurter à l’opiniâtreté d’une tutelle qui refuse de céder sur l’irréversibilité du mouvement de personnel qui vient d’être décidé. Bien que le SNM ait pris soin de rassurer le pouvoir sur la prise en charge des missions liées à l’élection présidentielle, il ne semble pas payé en retour de quelque autre forme de concession. En tout cas pas au registre de l’indépendance, si l’on s’en tient au passage concernant la justice du dernier discours du chef d’état-major. Il dit bien que celle-ci est “l’un des symboles phare de l’État de droit”, qu’elle “jouit à présent de toute l’indépendance requise et exerce sans pressions ni diktats”... Mais après avoir donné son verdict au sujet des “revendications de libérer ceux qui ont porté atteinte à l’emblème national”. Il proclame, à ce sujet, que “ce sont des propositions rejetées dans la forme et dans le fond, car le drapeau national est le symbole de la souveraineté nationale, des sacrifices des millions de valeureux chouhada et de la souveraineté de tout le peuple algérien qui n’acceptera jamais que l’on porte atteinte à l’emblème national”. Et c’est donc sur cette base que “la justice se chargera des affaires de ces derniers”...
La contestation catégorielle touche d’ailleurs d’autres secteurs, sans qu’ils osent définir clairement le rapport de leurs initiatives au mouvement populaire qui, lui, est de nature évidemment politique. On ne sait plus s’il est perçu comme un cadre englobant d’autres formes de revendications ou conçu comme une opportunité tactique à chevaucher pour les besoin de causes syndicales.
À la vérité, il est dans l’essence du hirak, comme mouvement de société, de ne point dépendre des humeurs et des calculs catégoriels. Une révolution est un moment de dépassement des contradictions sectorielles ; elle se concentre sur la résolution de la contradiction fondamentale. Dans le cas algérien actuel, la contradiction se situe entre le niveau de conscience citoyenne de la population et l’archaïsme autoritariste du système politique qu’elle subit.
Le pouvoir, de son côté, pour nier cette contradiction et la nécessité de sa résolution, dément l’effectivité de la revendication qui la soulève. Ce ne sont que “quelques personnes” qui manifestent pour entraver la bonne orientation du pays. Décidément, ce 1er novembre advient, une nouvelle fois, de nouveau à un moment charnière de l’Histoire nationale.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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