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contrechamp / ACTUALITÉS

Film franco-arabe


Content d’apprendre qu’une dizaine de cinéastes algériens et franco-algériens présenteront leurs films au neuvième festival du film franco-arabe qui se tiendra dans une semaine à Noisy-le-Sec, en France. 

Donc ni les Français n’ont boycotté les films algériens ni les Algériens n’ont boycotté le festival français. Tant mieux que le peu de circulation des produits de l’esprit entre les deux rives se poursuive ! Au demeurant, cette histoire d’appel au boycott fonctionne comme un leurre.

Elle court les journaux, les télévisions et les réseaux sociaux, mais aucun État de pays musulman n’a pris la décision de bloquer les importations françaises. Seuls des harangueurs, pour la plupart rentiers de la foi, exhortent des fidèles qui, souvent, n’ont pas les moyens de leur choix en matière de consommation, à ne pas acheter français.

Et aucun État musulman ne s’est prononcé formellement, par ses plénipotentiaires, sur le discours de Macron, excepté Erdogan, le gouvernement libyen de Tripoli, aujourd’hui régnant sur un périmètre transformé en base militaire turque, et le roi du Maroc pour qui la défense de la religion constitue le principal élément de légitimité.

Il arrive souvent que “la rue arabe”, ligotée par ses dictateurs, explose au moment de trouver le dérivatif, toujours étranger, de son oppression. Ses dirigeants sous-traitent à des autorités religieuses qu’ils agréent et rémunèrent la manipulation des foules et le soin de leur désigner l’agent – étranger – de leur infortune, cible de leur impuissante colère.

Or, si ces emportements verbaux avaient quelque effet politique, les Palestiniens auraient au moins eu leur État  depuis le temps – plus d’un demi-siècle – que ces explosions de colère sont dédiées à leur cause ! Ils n’ont que l’effet, recherché, de détournement de l’attention populaire des enjeux internes sur l’ennemi de la cause arabe ou islamique, selon l’époque. Ce n’est que cela qui fait courir un Erdogan aujourd’hui menacé dans l’avenir de son régime.

Outre le reflux politique et économique qu’il subit chez lui, Macron l’indispose : il le gêne dans sa relance de l’abcès de fixation grec ; il s’oppose à ses fanfaronnades méditerranéennes et à son intervention militaire en Libye ; il s’attaque à ses rayons hallal, habituellement dédiés à sa camelote communautaire ; il lui renvoie quelques cent-cinquante imams agitateurs qui lui assurent un consistant vote intégriste émigré….

Pour toutes ces raisons, la France constitue un “bon ennemi”. Avec une bonne dizaine de millions de citoyens et de résidents d’origine musulmane et, pour partie, cultivant la blessure coloniale et sensibles à l’argument de l’offense islamophobe.

Mais nous ne sommes pas en Allemagne : en France, ce sont les Franco-Algériens, et les Franco-Maghrébins en général, qu’on pousse à faire corps avec l’islamisme sous prétexte de politique islamophobe. Mais l’époque où la France “périphérisait” ses “étrangers”, cette catégorie d’immigrés, procréatrice de futurs Français, n’a pas trouvé dans la Turquie ni dans ses États d’origine la tutelle protectrice qui se manifeste aujourd’hui.

La France doit être renvoyée à ses errements politiques en matière d’intégration, en assumer les contrecoups sociétaux et en tirer les leçons politiques. Mais ce “péché originel” ne peut pas servir d’élément de légitimation du prosélytisme islamiste et de son produit naturel, le terrorisme.

 


M. H.

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