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contrechamp / ACTUALITÉS

Fin de suspense

La décision de candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat n’a dû souffrir aucune hésitation. Mais l’annonce de la déclaration de candidature de Bouteflika est et reste laborieuse. Par tactique et par gêne.
Si l’on suit l’explication de son secrétaire général, le FLN appelle Bouteflika à briguer un autre mandat parce que les militants lui ont demandé de le faire. Mais, y avait-il, pour le régime, une possible autre option que celle de la candidature de Bouteflika ?
Non, parce que l’hyperpersonnalisation du pouvoir fait que la “légitimité” interne au régime n’est pas mécaniquement transférable à un autre candidat, même de son choix. Le pouvoir, dans sa structure clanique actuelle, est, en quelque sorte, condamné à choisir entre Bouteflika et la désintégration.
Si cette candidature — une nécessité politique pour le régime — est ainsi annoncée par bribes, c’est d’abord par souci tactique : ne pas susciter une réaction massive et instantanée à ce énième coup de force contre le minimum démocratique, le principe d’alternance. C’est, ensuite, parce que le clan a bien conscience de l’absurdité de la situation et éprouve quelque gêne à informer de sa décision de perdurer à travers une candidature infondée au plan démocratique, injustifiée au vu du bilan de gestion du Président et aberrante au regard de son état de santé.
Mais soit. Nous voici fixés. Y compris sur l’argument de campagne : le bilan du Président, justement. Et si, justement, l’argumentaire a précédé “l’aveu” de candidature, c’est parce qu’il y a quelque culpabilité à perpétuer un règne politiquement et économiquement désastreux. L’inventaire auto-élaboré, probablement promis au plus grand tapage médiatique, permettra de déblayer un terrain largement défavorable aux prolongations.
Un bilan qui servira à introduire la candidature plutôt qu’à la légitimer, car le pouvoir n’a jamais compté sur son bilan objectif pour durer ; il a surtout compté sur le contrôle du vote et sur le rapport clientéliste qu’il a progressivement établi avec une classe politique globalement médiocre et avide, des coteries insatiables, des milieux d’intérêts divers, des corporations sensibles à la corruption légalisée, de larges catégories sociales assistées… Trop d’intérêts ne peuvent plus se passer de ce régime, en effet. Et n’attendaient que le feu vert pour lancer leurs appels à la cinquième mi-temps !
En attendant le renfort de tous ces soutiens, toutes les dépendances politiques et économiques du pouvoir s’emploieront bientôt à présenter le bilan présidentiel sous son meilleur jour. Et maintenant que la saison des appels à candidature, au singulier, est ouverte, aux abonnés de la rente de se manifester. En masse. Et on s’apercevra que même la crise financière n’aura pas entamé leur fidélité, maintenant que le pouvoir leur a fait la démonstration que la planche à billets peut parfaitement remplacer le puits de pétrole ! Pourvu qu’ils y aillent avec mesure ; il y a risque de télescopage.
Comme le pouvoir a toujours une longueur d’avance, la question de son candidat passe avant même la question des élections.

M. H.


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