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contrechamp / ACTUALITÉS

Fin du système, fin de ses appareils

Avec l’échec annoncé de l’option “transition constitutionnelle”, il n’y a plus d’obstacle légal à la mise en œuvre de la revendication de rupture systémique. Mais celle-ci ne se fera pas sans l’assainissement institutionnel que nécessite le projet de promotion démocratique du pays. Car, si le détournement des institutions au profit d’intérêts claniques mafieux a été possible, c’est parce qu’ils ont d’emblée disposé, et disposent toujours, d’appareils qui “légitiment” leur contrôle sur l’État et la société et organisent l’exclusion du peuple de la décision politique. Ils sont soutenus en cela par le pouvoir effectif, de nature militaire, qui s’est imposé au pays dès l’indépendance.  Ces appareils tiraient leur efficacité du monopole qu’ils détenaient, de jure, sur la vie politique, économique et sociale des Algériens. Le FLN, l’UGTA et le FCE constituaient les instruments de répartition de l’autorité publique : le plan distribuait la rente ; les médias publics servaient de vecteur de diffusion de la norme de pensée ; et les polices s’occupaient de surveiller et de réprimer les consciences. 
Le multipartisme n’a rien changé à l’organisation de ce détournement de l’entité nationale au profit de quelques camarillas. En économie, et après la faillite de l’État-entrepreneur, le pouvoir a dû enfermer les entrepreneurs privés dans un syndicat croupion qui prolonge le contrôle de la répartition de la rente. En politique, la notion de “partis du pouvoir” définit à elle seule le caractère fallacieux de notre multipartisme. Cette formule exprime ce fait que les choses ne se passent pas dans le sens d’un fonctionnement républicain : ce sont les occupants de fait des institutions qui choisissent les partis “du” pouvoir ; ceux-ci doivent leur “popularité” à la fraude d’État et doivent leur position à l’autorité de fait ; ils ne sont donc pas des partis “au” pouvoir !
Depuis l’avènement du multipartisme, le pouvoir, pour s’émanciper symboliquement du principe de parti unique, a créé des particulets qui font cortège au FLN et qui donnent l’illusion d’une “alliance de pouvoir”. La fraude autorise toutes les combinaisons de “vitrine démocratique”. Et pour s’offrir une opposition qui “légitime” l’appellation de république et la qualité de démocratie, il entretient une opposition en clientélisant ses dirigeants ou en l’étouffant dans son fonctionnement, selon les circonstances. Ceux qui ont pratiqué ces instruments en connaissent l’efficacité antidémocratique et…corruptive. C’est pour cela qu’ils se déchirent comme des chiffonniers pour s’approprier, et surtout pour sauvegarder, l’appareil FLN et ses partis d’appoint, mais aussi l’UGTA, le FCE et d’autres instruments de rapine dans la perspective d’une ressuscitation du régime, seule perspective qu’ils peuvent concevoir pour ce pays conçu, dès 1962, non comme une patrie libérée, mais comme un butin arraché.
Si après le mouvement, ces appareils sont encore en fonction, la démocratie et la souveraineté populaire n’ont aucune chance d’advenir. La révolution démocratique, c’est d’abord, et uniquement, la dissolution de ces armes de destruction nationale massive.
C’est là la seule véritable rupture, pas dans le seul départ des hommes du système.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


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