Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Finances : la solution de l’hypothèque

Devant le tarissement des sources habituelles, les recettes pétrolières, le gouvernement se voit contraint à recourir à du financement interne non conventionnel pour soutenir la croissance.
“Le soutien à la croissance” est une formule qui désigne et justifie une grosse partie de la dépense publique sans vraiment en garantir les effets économiques. S’il suffisait que le budget la soutienne pour que la croissance soit, on l’aurait su depuis ces vingt ans que le budget soutient à bras-le-corps cette croissance. Huit cents milliards de dollars de programmes pour parvenir à deux milliards de capacité d’exportations hors hydrocarbures en 2016 !  Chez nous, la croissance, même quand elle n’explose pas, a donc besoin d’être soutenue. Et quand il n’y a plus de ressources conventionnelles, il ne reste que les moyens hétérodoxes.
On ne connaît pas encore ces gisements surprise mais, pour les experts qui se préoccupent du sujet, la forme la plus conventionnelle de financement non conventionnel, c’est de fabriquer de l’argent sans condition d’équivalent en production de richesses réelles. Et de le dépenser. En espérant que son usage produira tellement de revenus qu’il y aura de quoi rembourser l’institution qui l’a “indûment” imprimé. Le jargon économique désigne cette pratique sous le nom de “planche à billets”. Une planche de salut à haut risque, parce que si le niveau de rentabilité de cet argent fabriqué — et non gagné — n’est pas très élevé, c’est sa valeur qui chute ! C’est la valeur de notre monnaie et donc de tous nos avoirs en dinar, qui chute.
En quelque sorte, c’est une partie de notre pouvoir d’achat futur, de notre niveau de vie à venir, que l’État hypothèque, en choisissant la voie de “la planche à billets”. Si celle-ci est bien la forme de financement non conventionnel à laquelle il pense. Dans sa quête de financement nouveau, et en complément, le pouvoir pourrait penser à d’autres astuces : celles de réduire le niveau de précaution que les banques doivent prendre lorsqu’elles prêtent aux investisseurs, par exemple. Globalement, les financements alternatifs semblent comporter un supplément de risque pour les agents économiques. C’est sûrement pour cela qu’il n’y est fait appel qu’exceptionnellement, aux moments de crise. Le Conseil des ministres d’hier a d’ailleurs noté que des pays très développés, comme les États-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne, y ont fait appel.
Il faut dire qu’au vu de la capacité de résilience, maintes fois éprouvée, de leurs économies ces États pouvaient se permettre. Dans notre cas, la crise n’est pas le fait de notre politique économique : nous n’en avons pas ; nous nous contentons de dépenser la rente sans créer de croissance. En ce sens, nous avons l’habitude de consommer notre avenir en dilapidant l’argent du sous-sol sans contrepartie en termes de développement. Et de se rattraper sur le pouvoir d’achat du citoyen en fixant une valeur internationale fictive de sa monnaie tout en le renvoyant à un marché de change quand c’est à lui de dépenser. Le subterfuge a le même effet que l’inflation : le consommateur finance le différentiel entre valeur fictive et valeur réelle du dinar.
L’Algérien a l’habitude de payer pour la gestion hasardeuse de ses ressources.

M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER