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contrechamp / ACTUALITÉS

FLN : le détournement d’un symbole

Quand, à la veille du soixante-troisième anniversaire de la création du FLN, on entend Ould Abbes parler en son nom, on comprend pourquoi la jeunesse postindépendance se bouscule aux frontières françaises, réelles et symboliques. Un propos décousu, des digressions historiques et approximatives, des arguments improvisés et des sentences à l’emporte-pièce. Le genre de préposé dont la désignation se légitime par tout sauf par la qualité de son jugement et la générosité de ses intentions.
Les fondateurs du Front ne l’ont certainement pas créé pour qu’il devienne, une fois sa mission de libération accomplie, un appareil qui “légitime” le pillage du pays par des clans prédateurs. Pourtant, la privatisation clanique du symbole fut l’élément essentiel du dispositif d’accaparement matériel de l’ex-colonie. Alors même qu’ils se proclament gardiens de l’inviolabilité des symboles de la Révolution, ces clans en ont détourné le plus significatif, le FLN. Ils se le sont approprié, tel un butin de guerre, pour jouir des privilèges qu’ils ne manqueront pas de lui associer ! C’est cet usage prédateur qui a fait que ce sigle fut, dès l’Indépendance, l’enjeu de sanglantes empoignades.
Certains des vaincus de ces affrontements ont été éloignés, marginalisés ou assassinés ; d’autres ont composé ou coopéré. Et comme il y en a toujours eu pour tout le monde, le système a pu fonctionner grâce à sa rigueur répressive, certes, mais surtout parce qu’il n’a jamais subi la moindre contestation, ni dans sa finalité ni dans ses méthodes, de la part de “la famille révolutionnaire”.  
En cinquante-cinq ans de souveraineté, rien n’a changé dans la fonction du pouvoir et des symboles de la Révolution ainsi détournés. Le seul contretemps dans ce long fleuve tranquille fait d’alternances de clans dans un système immuable, c’est justement le temps. Malgré tout ce qui a été fait pour repousser la limite biologique de ce système, on n’est pas encore arrivés à lui assurer la perpétuité. Ces derniers temps, il donne plutôt des signes de fin de cycle accélérée la gabegie de ses gestionnaires.
La solution de la succession à l’intérieur de “la famille révolutionnaire” ne semble pas avoir fonctionné pour des raisons qui restent à élucider. Alors, pour perpétuer l’instrumentalisation du sigle FLN, il faut continuer à faire accroire qu’une masse de moudjahidine est encore là, à veiller, à travers ce “repère”, à la fidélité au serment. Quitte, peut-être, à en inventer de faux !  À ce propos, le flou qui entoure la question du nombre de moudjahidine encore en vie renseigne sur l’ambiguïté de la gestion du “fichier” révolutionnaire. Le président de l’ONM a récemment parlé de deux cent mille moudjahidine en vie. Soit environ la moitié de la population de soixante-quinze ans et plus, ceux qui sont en âge d’avoir participé au mouvement de libération. Le ministre des Moudjahidine, lui, a préféré s’en tenir à la tradition du secret qui enveloppe le sujet.
Le spectacle de ces jeunes envahissant l’Institut français parce qu’ils sentent qu’ils n’ont pas encore de place ici vous fera-t-il enfin réfléchir ? Vous convaincra-t-il qu’il est plus que temps de libérer… le FLN et la Révolution ?

M. H.


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