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contrechamp / ACTUALITÉS

Forêts, maquis et riverains en danger !

Pendant que le Président échouait à son rattrapage du bac et que le gouvernement s’inquiétait du retard pris par le chantier de la Grande Mosquée d’Alger, le feu ravageait plusieurs zones à travers le pays, emportant près de deux mille hectares de forêt, de maquis, de vergers et de céréales. Et quelques vies.
Il en a toujours été ainsi avec nos dirigeants : la forêt, et la végétation en général, comme tout ce qui n’est pas immédiatement exploitable et monnayable, ne les passionne point. Elle peut, à l’occasion, leur servir de prétexte à délivrer le discours écologique convenu mais sans les engager vraiment. La culture de l’accaparement saccage notre pays-butin depuis son indépendance. Dans cette ambiance prédatrice, la forêt constitue un obstacle à l’expression de l’instinct expansionniste de ses nouveaux maîtres. Entre le pouvoir politique et la spéculation foncière s’est progressivement nouée une véritable association organique. Être puissant en Algérie, c’est pouvoir disposer de son potentiel foncier.
À la libération, le transfert de pouvoir politique de l’administration coloniale vers les clans vainqueurs s’est accompagné d’un transfert de pouvoir économique. C’est la ville qui, en premier, a été débitée et répartie en fonction des rapports de forces locaux. Plus tard, l’entreprise de dépeçage privatif s’est orientée vers le capital foncier, longtemps épargné par son statut de patrimoine incessible. Mais c’était compter sans le génie glouton des clans du pouvoir : le principe de concession, soutenu par le laisser-aller foncier, a toute la ressemblance avec le principe de propriété. Et les “biens vacants” n’ayant pas suffi à assouvir l’appétit possessif du complexe politico-immobilier, on a commencé à incendier et défricher les maquis…
Cette course au sol suscite aussi une rude confrontation entre secteurs. Agriculture, industrie et urbanisme se retrouvent sur le “terrain” de la guerre du foncier. L’industrie et la construction, cherchant la facilité, dévastent les plaines côtières. Et l’agriculture, en position de faiblesse politique, recule vers la…forêt. Profitant de la directive de concession dans le cadre de la “revalorisation des terres”, certaines wilayas ont cédé des forêts et des maquis à leurs concessionnaires préférés.
C’est tout de même absurde de mettre la forêt sous tutelle de l’agriculture ! Celle-ci étant comptable des résultats agricoles, ne peut que puiser dans la “réserve” forestière pour compenser, à l’occasion, le déficit de superficie cultivable dû à l’érosion et au détournement de vocation autoritaire des terres agricoles. Et c’est tout naturellement que la défense des sols et de sa couverture végétale tracasse si peu le pouvoir. En termes de structures et d’équipements, les autorités se soucient plus de leur puissance de répression que de leur potentiel de protection. Et même là, on priorise la ville, politisée, à la campagne, fataliste. Ne parlons pas des fonctions d’aménagement et de protection de l’environnement, de simples contraintes de dénomination dans la constitution du gouvernement !
Ce mépris de l’Algérie rurale produit le scandale des jours derniers où, par endroits, les villageois ont dû risquer leur vie, et parfois la perdre, pour défendre leurs maisons et leurs champs pendant que le gouvernement vaquait paisiblement à ses occupations algéroises.


M. H.


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