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contrechamp / ACTUALITÉS

Forme républicaine et ordre islamiste

Presque tous les vendredis, tôt le matin, la police sillonne la rue Didouche-Mourad, principale artère d’Alger, pour mettre des sabots aux véhicules stationnés le long de cette voie. Vers midi, quand approche l’heure de la prière dans les deux mosquées voisines, celles de la rue Khelifa-Boukhalfa et du Plateau, la force publique s’efface, et l’avenue ainsi que les rues adjacentes sont livrées au parking anarchique. L’État reprendra ses prérogatives une fois les prieurs repartis. La voie publique est alors rendue à son administrateur légal.

Le contraste est frappant entre la rigueur d’une autorité matinale et la désinvolture accommodante de cette même autorité en milieu de journée. La loi n’a pas encore organisé ce passage de relais entre l’autorité publique légale et l’autorité religieuse diffuse. Mais cela viendra. Déjà que la pétition est en passe de devenir le premier instrument d’aménagement des activités urbaines ! Et quand on connaît le rôle du leadership islamiste dans la formation de l’opinion collective de quartier… Cela viendra parce que  la stratégie de l’islamisme consiste à imposer le fait avant de passer à l’étape de sa codification. 
Les tortuosités par lesquelles le ministère de l’Éducation est passé pour reporter l’examen du baccalauréat préalablement programmé pour le mois de Ramadhan révèlent un pouvoir contraint d’opter pour la solution de la dérobade à chaque fois qu’il est mis en situation d’affronter le culot faussement dévot des islamistes. L’État est en train d’accompagner allègrement une conception du rite qui voudrait faire de nous des jeûneurs à temps plein, toute affaire cessante !
Pour les forces de la théocratie, c’est déjà un acquis que, dans les moments de vérité, les institutions s’éclipsent devant l’ordre “communautaro-religieux” quand il s’agit de mosquée, de Ramadhan et de mœurs sociales… 
Sans que ni les dirigeants politiques ni leurs administrés l’assument comme tel, l’Algérie est déjà une théocratie par de larges pans de sa législation. La désignation de République n’est plus qu’une espèce de raison sociale, de dénomination commerciale, vidée de son sens par ce pacte tacite entre le pouvoir islamo-conservateur et l’islamisme révolutionnaire : à moi les institutions, à toi la société ! 
Cependant, cette réalité correspond bien au principe constitutionnel d’“islam religion d’État”. Et la réalité est, comme le principe, conforme à la vocation politique originelle de l’islam : le prophète et ses califes ont cumulé les fonctions d’imam et d’“amir el-mou’minine”. La règle religieuse régit tous les domaines en effet : au moment de l’examen du projet de loi sur la santé, les députés, fer de lance de l’entrisme islamiste dans l’État, viennent de renvoyer l’autorité sanitaire à ses classes au sujet de l’IVG. 
Les forces de l’ordre poursuivent la lutte armée contre le terrorisme résiduel, mais nos dirigeants n’ont pas exorcisé leur peur du terroriste. Au moment où ils décident, ce n’est pas le citoyen en attente de progrès et de développement qui hante leur délibération, mais le séditieux hirsute et sanguinaire qu’il faut radoucir. C’est cela l’esprit de la réconciliation, une politique de prévenance indéfiniment renouvelée pour ne pas réveiller le monstre qui dort en chaque islamiste.


M. H


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