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contrechamp / ACTUALITÉS

Fraude : la métastase

Le scandale est autant dans les faits que dans ce qu’il soit passé comme un non-évènement. Après examen de la plainte d’un enseignant, le tribunal de Birmandreïs a invalidé les diplômes d’un groupe titulaire d’un master en droit.
Parmi ces ex-“étudiants” déchus de leurs diplômes, l’actuel ministre des Relations avec le Parlement, Tahar Khaoua, et l’ancienne ministre de la Solidarité et de la Famille, Mounia Meslem. Aucun démenti ni intention de recours n’ayant été émis, le forfait est donc assumé.
Meslem est surtout connue pour avoir fait aux Algériennes occupant de hautes fonctions de l’État l’absurde suggestion de renoncer à leurs salaires puisque… leurs époux subviennent déjà à leurs besoins ! Le zèle moralisateur est toujours suspect, mais on était loin de se douter que le renoncement pouvait cohabiter, dans la même personne, avec la concussion.
Et la réaction de l’autorité politique est à la mesure de l’importance qu’elle accorde, en matière académique, à l’adéquation entre les titres et leur contenu scientifique, c’est-à-dire nulle. Khaoua poursuit sa mission au gouvernement, l’air de rien. Et sur le site de son ministère, son CV comporte toujours un doctorat de sciences politiques et un master de droit, obtenus… la même année 2013. On croyait que l’économie parallèle de production intensive de “douctours”, inaugurée avec l’arabisation de l’ancienne “fac de droit”, et qui avait poussé à l’exil d’éminents juristes, comme Ahmed Mahiou, avait cessé ! Non, elle s’est industrialisée, puisqu’on vient d’en invalider toute une liste !
La dépréciation qualitative de tout ce que nos institutions produisent ou contrôlent semble répondre à un véritable plan de dé-crédibilisation généralisée. La fraude est l’instrument de mise à mort du fonctionnement institutionnel. Mais l’avantage, pour les clans, dans cette disqualification des références consacrées, est qu’elle crée la confusion. Dans ce contexte où, à la fin, on ne sait plus qui est qui, n’importe qui peut être quelqu’un ! Le pouvoir a commencé par créer de faux moudjahidine pour que le groupe de vrais soit submergé par les moudjahidine de fabrication administrative. Le résultat en est qu’une “famille révolutionnaire”, agrandie à coups d’attestations de complaisance, et faite de bon grain et d’ivraie, revendique la tutelle “historique” sur la nation !
Il suffit d’observer la manière dont Djamel Ould Abbes, qui trône sur un FLN transformé en machine à truquer les élections, s’emmêle les pinceaux dans la reconstitution de ses “parcours universitaire et révolutionnaire” pour se rendre compte que, dans notre pays, c’est le pouvoir qui donne droit aux titres, et non l’inverse. Sinon, il suffit de se rappeler de quelle manière Ammar Saâdani, au moment d’être… nommé président de l’Assemblée nationale, ajoutait la mention “universitaire”, qui ne veut rien dire en termes de qualification, à son CV officiel.
Après avoir dilué la notion de “passé révolutionnaire” et compromis le principe même de l’élection, la pratique a fini par infecter des citadelles qu’on croyait imprenables, comme le baccalauréat ou les diplômes de post-graduation. Désormais, la fraude menace le pays dans ses fondements : elle a métastasé.

M. H.


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1 réactions
Fraternity le 18/12/2017 à 14h12

Aucun secteur n'échappe à cette gangrène; puisque le système l'a érigé en mode de vie et l'a reproduit à grande échelle: Hier c'était les ayants droits et les cours du soir avec des diplômes garantis à la pelle et au nom de la légitimité révolutionnaire. Aujourd'hui transmis par ascendance aux rejetons du système sous formes passe droits et de faveurs; Toutes les institutions du pays sont submergées et massivement par des millions des "Moh-la triche".

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