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contrechamp / ACTUALITÉS

Histoire, passé et présent


Même si le système a toujours tout fait pour l’extirper de son historiographie, le 5 Octobre constitue une date-relais capitale dans l’Histoire de l’Algérie postcoloniale. Ce fut un moment de synthèse de luttes politiques cumulées par la jeunesse d’après-guerre ; ce fut aussi une date fondatrice qui, en imposant le principe de démocratie, a privé le système de ses principaux attributs de domination : parti unique, monopole de l’information... 

Contraint par Octobre 1988 de faire avec les acquis de multipartisme, de pluralité médiatique et de règle formelle d’une vie politique civile, le système n’a pas pour autant renoncé à perpétuer l’usage d’autres anciens instruments de contrôle de la société : justice aux ordres, police politique, forces de répression, répartition autoritaire de la rente, bâillonnement de l’expression citoyenne, verrouillage de l’espace public… 
Depuis l’assassinat de Boudiaf en 1992, le régime s’adonne à ces pratiques oppressives tout en déployant des trésors de subterfuges et de manipulations pour dissimuler la réalité oppressive et antidémocratique de son pouvoir. Les élections, contrôlées dans leur déroulement et leurs résultats, constituent l’essentiel des ces pratiques de simulation démocratique. C’est ce qui explique que le pouvoir tient tant à ses parades électorales. Mais le procédé n’a pas résisté à son emploi excessif ; il est usé et le 22 février est passé par là. Pour les citoyens engagés dans le mouvement populaire, le 5 octobre 2019 ne pouvait pas passer inaperçu. Car le 22 février est un 5 octobre averti, en effet !

Le pacifisme et la patience du mouvement viennent de là, du souvenir de l’accueil réservé à cette révolte et du souvenir de ce qu’on a fait de son message. Ceux qui, hier, se sont rassemblés à la place des Martyrs et ailleurs ne l’ont pas fait pour crier leur opposition au scrutin du 12 décembre. Ils l’avaient fait la veille ! Ils se sont retrouvés pour honorer un événement inaugural d’une ère algérienne et un hommage aux martyrs de ce renouveau contrarié mais dont le 22 février constitue un de ses retentissements. Hier, c’est un moment de recueillement qui a été réprimé. C’est une faute politique et humaine et un affront à notre Histoire.

L’hostilité que le 5 Octobre suscite chez le pouvoir est explicable : il fut la première remise en cause du système à réussir. Elle a réussi en effet puisqu’elle n’est pas restée sans conséquence sur la suite de la vie politique nationale. Et il est probable que sa résonnance ne s’arrêtera pas à février 2019. On aura beau lui opposer une “Novembria-Badissia” qui, justement, a été inventée pour suggérer aux jeunes Algériens une espèce de “fin de l’Histoire” avec l’indépendance qu’on doit, nous dit-on, à Novembre, mais aussi à une certaine… “badissia”.
Cela dit, tous les éléments formateurs de notre Histoire millénaire sont à revendiquer et à questionner. Pourquoi donc en exclure notre passé récent ? 

Les générations post-indépendance seraient-elles impuissantes à agir sur le cours de notre Histoire ! Eh bien non ! Sans remonter plus loin, Octobre 1988, ce sont elles, et février 2019, ce sont elles. 
Ces générations, longtemps contrariées dans leur œuvre par des hommes du passé cramponnés à leur “légitimité historique”, sont en train d’écrire, en temps réel, une autre belle page de notre Histoire.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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