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contrechamp / ACTUALITÉS

Hydrocarbures : éthique et management

Le P-DG a un côté illusionniste.
À force de nous parler de ses contacts avec Exxon, il nous a fait croire que la “major” américaine était intéressée à investir et développer des activités en Algérie. Mais le résultat de ces prometteurs contacts est tout autre : c’est Exxon qui nous vend, en Sicile, une raffinerie coupable de pollution et attaquée, pour cela, par la société civile locale.
L’avantage, pédagogique, est que Sonatrach va enfin devoir se préoccuper d’environnement. En Sicile, d’abord, en attendant qu’elle transfère vers l’Algérie le savoir-faire écologique qu’elle ne manquera pas d’y acquérir. Car, en Italie, cela ne se passe sûrement pas comme chez nous où c’est une structure du ministère de l’Énergie qui réalise les études d’impact pour les installations aménagées par les entreprises sous sa tutelle. Et là-bas, les ministres de l’Environnement et de l’Hydraulique n’iront pas expliquer aux riverains inquiets que les hydrocarbures ne sont pas polluants, comme l’ont fait Mme Boudjemaâ et M. Necib en 2014 à In Salah au sujet du gaz de schiste !
On doit reconnaître cependant à Ould Kaddour son talent d’animateur. Depuis son avènement à la tête de Sonatrach, le secteur connaît un surplus de dynamisme… médiatique. C’est la première fois qu’on est si peu nombreux à retenir le nom du ministre de l’Énergie. Il parle si bien de l’avenir de l’activité qu’il doit en oublier de le concevoir. La preuve : dès qu’il est passé à l’action, il nous a infligé une acquisition pour le moins… polémique. Pourvu qu’on ne soit pas payé, c’est le cas de le dire, une controverse à un milliard de dollars avec des Siciliens qui nous reprochent déjà de les “submerger” de harragas et qui risquent désormais de nous accuser de leur empoisonner leur sous-sol.
À force de vouloir nous convaincre que, pour Sonatrach et les hydrocarbures nationaux, il y aura l’avant et l’après-Ould Kaddour, il ne cesse de nous rappeler le côté sombre de l’histoire récente de notre or noir. Ainsi, se plaignait-il, avant-hier, devant les sénateurs, de massifs départs de cadres de l’entreprise et de ses filiales, semblant imputer cette hémorragie de compétences à d’injustes soupçons de malversations dont auraient été victimes des dirigeants du secteur, ces dernières années. Et semblant insinuer que ces scandales ne sont qu’une vue de l’esprit. Ou, comme l’expliquait l’avocat de Habbour devant le tribunal de Milan il y a quelques jours, “des inventions de la presse algérienne”.
Ces scandales sont une réalité.
Et les procès aussi. Même si leur élucidation n’a jamais été approfondie. Considérons le cas de BRC dont le démantèlement a entraîné le sacrifice de dizaines, voire de centaines, d’ingénieurs et techniciens de formations “pointues”, par exemple : c’est bien une décision politique de dissolution de la joint-venture pour faire disparaître le corps du délit d’un scandale financier qui est à l’origine du gâchis. Le discrédit ne touche pas les cadres de Sonatrach en général qui, génération après génération, ont, par leur dévouement et leur efficacité, forcé le respect de leurs compatriotes. C’est la gestion politique du secteur qui a, à une époque, failli. Du point de vue autant managérial qu’éthique.

M. H.


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1 réactions
Fraternity le 15/05/2018 à 14h15

Une entreprise à gestion opaque, Sonatrach, administré par un repris de justice, qui encaisse des scandale à répétition. Rachète une vieille raffinerie, en fin de vie, et à démonter sur un site pollué.. Des relations privilègiés avec des partenaires, italiens. Les mêmes que le tribunal de Milan examine des charges de corruption avec la même entreprise acheteuse.. Ces éléments posent énormément de question sur l'éthique, s'il en reste dans ce pays.

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