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contrechamp / ACTUALITÉS

Il est où le danger, M. Ghoul ?

Depuis son avènement, le régime Bouteflika n’a pas changé dans sa manière de gérer les libertés politiques. Les Algériens ont toujours eu le choix entre le soutenir ou endurer l’épreuve du bâillon. Et pour imposer l’alternative du soutien et du silence, il a deux méthodes : les acheter ou les réprimer.
Le contexte électoral ne change rien à la démarche ; il ne fait que l’amplifier.
Dès que le Président a annoncé ou fait annoncer — on ne sait plus comment le dire — sa décision d’amorcer un cinquième mandat, les premières “mesures d’accompagnement” ont été prises. Au profit des anciens moudjahidine, d’abord : en plus de se voir revaloriser leurs pensions, ils vont bénéficier d’une couverture sanitaire spécifique encadrée par une loi spécifique. Ensuite, les bénéficiaires des formules de crédits Ansej et Cnac ont reçu l’assurance de n’être exposés à aucune poursuite judiciaire s’ils ne remboursent pas les dettes qu’ils ont contractées. Une autre initiative de même acabit populiste consiste en un supplément de livrets de hadj pour cette année…
L’aisance qui a encouragé le pouvoir à engager le Trésor public dans l’entretien de sa popularité  n’est plus là. Mais, ayant éprouvé l’efficacité de la recette, ou plutôt de la… dépense, il ne résiste pas à l’envie de s’en servir encore. Même en ces temps de planche à billets. Comme quoi, il n’y a pas que les projets d’équipement pour profiter du financement non conventionnel ; les clientèles politiques ne seront pas en reste.
Autre volet de la politique de normalisation totalitaire, à côté du clientélisme de budget, il y a la répression, dont certains modes d’expression ont pris des allures de routine. Comme le refus systématique des autorisations de manifester ou même d’organiser une conférence ou une réunion.
Y compris quand la demande vient de partis politiques et d’organisations agréées qui n’ont pas donné des gages de leur alignement sur le projet de continuité. De nombreuses associations sont suspendues ou poursuivies en justice pour divers motifs par des walis, postes avancés de la répression politique, souvent parce qu’ils n’arrivent pas à les “normaliser” et qu’elles sont restées engagées pour les causes qui les ont fondées.   
Et c’est avec cette stratégie du silence, faite de corruption politique et de répression policière, que le pouvoir compte faire passer un cinquième mandat qui, assurément, ne pouvait pas laisser indifférent. Certes, ce peuple, un peu par confort, un peu par lassitude, un peu par peur, en a accepté d’autres. Mais la violence symbolique et politique d’une telle proposition était pourtant perceptible. Et la réaction qu’elle est en train de provoquer était prévisible, comme en témoigne la mise en garde anticipée du Premier ministre contre la tentation de la manifestation de rue.
Or, la rue, c’est le moyen d’expression de ceux qui n’en ont pas d’autres plus ordonnés. “Le recours à la rue” ne constitue pas “une aventure dangereuse”, comme veut le faire croire Ghoul ; c’est l’alternative forcée au verrouillage des canaux d’expression citoyenne.
Pour rester dans le contexte, c’est plutôt le cinquième mandat et la manière dont le régime veut l’imposer qui nous embarquent dans une “dangereuse aventure”.


M. H.


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