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contrechamp / ACTUALITÉS

Image de l’Algérie, image du pouvoir

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il tombe mal ce transfert du Président en Suisse, en pleine polémique sur la gestion de la santé publique, annoncé par un communiqué qui prend soin de préciser que le déplacement est motivé par des “contrôles médicaux périodiques”. C’est-à-dire que le Président n’est pas plus malade que cela mais qu’il est juste contraint de faire des vérifications épisodiques.
Ce transfert tombe mal parce qu’il rappelle, à un moment où les Algériens paniquent, pour les uns, s’interrogent, pour les autres, les limites reconnues par nos propres autorités, de notre système de santé. Il n’y a, d’ailleurs, pas que Bouteflika qui préfère confier sa santé à des structures et des médecins étrangers. Tous ceux qui ont le pouvoir, et ils sont visiblement nombreux, choisissent de se soigner, eux et leurs familles, auprès de puissances médicales. Pendant ce temps, la Cnas, pour justifier son déficit, accuse ses assurés sociaux de la ruiner en prêtant leurs cartes à des non-assurés, avec la complicité de médecins et de pharmaciens ! Peut-être que le secret qui entoure l’usage des fonds de la Sécurité sociale est justement imposé par ce “deux poids, deux mesures” en matière de qualité de soins.
Alors que le sous-développement sanitaire du pays s’étale au regard du monde, des chauffeurs de salle, comme Ould Abbes et une multitude d’autres thuriféraires, grassement payés pour assurer notre matraquage médiatique, continuent à pérorer sur les qualités de notre régime. Quelle image du pays ! Il recule sur tous les plans. Et comme pour mieux réussir son échec, il s’exprime à travers des discoureurs débridés qui, moins ils en savent plus ils en disent.
Jamais un pays ne s’est ainsi délibérément mis  en situation de subir autant d’incompétence et de mauvaise volonté !
Le pouvoir a toujours eu peur pour l’image du pays parce qu’il a toujours craint pour la sienne. Mais faute de pouvoir réformer une gestion sectaire, excluant les compétences désintéressées, il accable la presse de “ternir l’image du pays”. Le journalisme responsable serait celui qui enjolive son discours sur l’état du pays pour épargner au pouvoir la responsabilité de son désastre.
Aujourd’hui, cette image est écornée par la réalité. En 2018, une épidémie ne se cache pas. On a d’ailleurs essayé…
Dans la gestion de cette pandémie, le pouvoir ne pèche pas seulement par incompétence communicationnelle. C’est une question d’attitude : au lieu d’affronter le problème, il se préoccupe de l’impact médiatique et politique de ce problème. Et pour cela, la démarche, instinctive, est rituelle : d’abord, la rétention ; ensuite, s’il est contraint de s’exprimer, minimiser le problème ; enfin jeter le voile sur la suite des événements en organisant la diffusion contrôlée de l’information.
Il faut se rappeler, pour rester dans l’histoire récente, que les premiers interpellés dans l’affaire de la cocaïne furent des journalistes et un lanceur d’alerte. On maîtrise les voies de communication et on s’occupe du fond de l’affaire après. Le contrôle de l’information et la gestion de son image ; c’est le souci du régime.
Parce qu’il croit pouvoir produire une image détachée de la qualité de sa gestion.

M. H.


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