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ISLAMISME ET HIRAK : QUI TUERA QUI ?


Les islamistes se font de plus en plus voyants dans les manifestations du vendredi et les marches d’étudiants. À Alger, leur ostentation est superfétatoire tant ils sont reconnaissables à leurs kamis, à leurs slogans, à leur ardeur à donner de la voix pour étouffer les chants qui les contredisent. Ils sont aussi reconnaissables à… leurs âges ! 
On les reconnaît à tout cela, mais aussi à leur petit nombre. Ce qui ne les empêche pas de donner l’image, en deux semaines, d’une force qui a déjà phagocyté le mouvement populaire.
Le procédé de l’imposture est simple : ces vétérans de “la grande guerre” islamiste prennent, par brigades volantes, les têtes de carrés de marcheurs et, criant leurs formules, les transforment en autant de bataillons reprenant leur discours. Qu’importe en fait le message, pourvu qu’il remplisse sa fonction d’identifiant. Ainsi, tous ceux qui le clament sont comptés comme faisant partie de la masse d’islamisants !
On peut même distinguer parmi ces anciens activistes de retour, quelques-uns qui ont déjà battu le pavé en juin 1991, quand des troupes de militants parcouraient les rues d’Alger dans un flot incessant d’escouades défilant façon commandos. 
Et ce sont ceux-là mêmes qui vous demanderont de ne pas les renvoyer en 1990 s’il vous vient à l’esprit de leur rappeler leurs hécatombes des années rouges. Enfin… le plus souvent, ce ne sont pas eux qui vous le demandent, obligés qu’ils sont d’évoquer, à cor et à cri, le général Nezzar et les “moukhabarate” pour soutenir leur subterfuge victimaire. Non, ce sont les “démocrates” qui, parce qu’ils cultivent “la liberté d’expression” et le “droit à la différence”, parce qu’ils ne veulent pas réveiller 1990, parce que “ce n’est pas le moment”, etc., qui vous invitent à protéger “l’unité du peuple” face au système ou à la mafia.
Le mouvement islamiste bénéficie de soixante ans d’islamisation idéologique de la société, œuvre de l’État. L’école, les médias lourds, l’administration cultuelle, le discours politique y ont contribué de manière engagée. Il bénéficie aussi de trente ans de matraquage médiatique d’un “qui tue qui ?”, indirectement corroboré  par l’initiative de “réconciliation nationale” le lavant de ses crimes.
Malgré cela, il ne subsiste, comme projet politique, que dans les offres entristes du MSP et autres officines opportunistes à la périphérie du système et dans des groupuscules nostalgiques de l’équipée destructrice du FIS et de ses groupes armés.
Mais ce FIS résiduel n’est pas là pour s’intégrer au mouvement du 22 Février. Il ne peut en assumer ni la finalité démocratique ni le credo pacifiste. Son but est de s’y substituer. En dégarnissant le Hirak de ses forces positives, et il y a réussi en partie. Puis, l’ayant affaibli, il entreprendra ses  propres actions, comme il le fait déjà avec les tentatives de marches de samedi. Ce sera aux hirakistes d’intégrer son mouvement !
Il ne lui restera alors qu’à pousser quelque chair à canon vers l’irréparable, histoire de refaire le coup d’Octobre 1988 : c’est la jeunesse qui se soulève, qui se fait arrêter, torturer et, éventuellement, tirer dessus, et c’est le FIS qui négocie avec la Présidence !
En a-t-il encore les moyens ? Pas au vu de son faible niveau de mobilisation.
 

M. H.
[email protected]


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