Scroll To Top

contrechamp / ACTUALITÉS

Islamisme : les nuances du mal


L’Union Africaine a qualifié le massacre perpétré par un groupe terroriste islamiste contre les habitants d’un village burkinabé de “crime de guerre”. 

Or, il n’y a pas de guerre au Burkina Faso ! Comment se peut-il alors qu’un “crime de guerre” puisse s’y produire ?
Pourtant, l’UA est une organisation continentale des Etats d’Afrique qui dispose d’un Conseil de paix et sécurité et de diplomates aguerris. Mais elle appelle “crime de guerre” un crime commis là où il n’y a pas de guerre. Pourquoi ? Pour ne pas nommer le crime par son vrai nom, un crime terroriste islamiste. Le diable se cache dans les détails. Et en matière de diable, les islamistes s’y connaissent.  La première forme de terreur qu’ils diffusent c’est celle qui vise à empêcher les victimes et ceux qui sont en charge de leur sécurité d’appeler leurs crimes par leur nom et de désigner ainsi l’identité idéologique de leurs auteurs.

C’est un paradoxe : les langues ont créé la nuance pour la précision mais les déserteurs et les imposteurs la détournent pour le mensonge. Le nuancier lexical sert autant à celui qui veut être clair dans son propos et trouver le mot juste qu’à celui qui veut mentir et trouver un substitut de diversion au vrai nom de la chose.

Les cent soixante victimes de l’attaque, hommes, femmes et enfants, n’étaient pas parties prenantes d’aucune guerre. Et leur village ne se trouve pas en zone de guerre. La formule de l’UA renvoie à une guerre sans belligérants identifiés ! Un crime délibérément commis contre des civils innocents au nom d’une idéologie islamiste, fasciste et meurtrière est réduit à un “dépassement” des règles de conflits armés ! Les villageois exécutés n’ont qu’à s’en remettre au Statut de Rome et à la Cour pénale internationale ; et l’UA et ses Etats membres peuvent tranquillement se dédouaner de leurs crimes de non-assistance à populations en danger au Burkina Faso, au Sahel, au Nigeria, au Cameroun, au Soudan, en Somalie…

L’islamisme agit par terrorisme et autres nuances de terreur : intimidation, violence ordinaire, démonstration de force…. Même “modéré”, il sait, en toute responsabilité, qu’il bénéficie de l’effet terrorisant de la violence potentielle de l’islamisme en général. Dans l’histoire récente de l’Algérie, les replis successifs du pouvoir et des “démocrates” -  qu’il s’agisse des concessions légales et politiques de Chadli, des négociations ratées et de la “rahma” de Zeroual, du subterfuge démissionnaire du “qui tue qui” ou de l’abdication en rase campagne de la “réconciliation nationale” -  n’étaient rien d’autre que des manières de fuir le devoir moral d’affronter la violence d’une idéologie belliciste par essence.

Quand le président Tebboune déclare ne pas être dérangé par l’islamisme tunisien, égyptien ou turc, il trace entre cet islamisme et celui “des années 1990”, dont il dit qu’“il ne reviendra plus”, une frontière artificielle. La preuve, l’islamisme bon teint a-t-il un jour condamné l’islamisme terroriste ?
La longévité de l’idéologie islamiste, malgré sa nocivité, tient à cet “art” de la nuance là où, fondamentalement, il n’y en a pas. Là où il n’y a que le désir de s’amadouer ou de s’allier une doctrine hégémonique, mais une doctrine de régression humaine.

 

 

M.H

[email protected]


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER