Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Jusqu’à quand, en effet ?


Comme  tous  les  précédents,  le  cinquantième  vendredi  n’a  pas dérogé  à  la  règle :  affluence  et  répression. Dans  les rares villes  où  cela  a  été possible, les marches ont été empêchées par la force. 
À Alger, la pression est, depuis plusieurs vendredis, à son comble : des véhicules de police sont disposés de sorte à rétrécir, jusqu’à l’étranglement, les avenues empruntées par les marcheurs, garrottant péniblement leur  progression. Péniblement et dangereusement, parce que ce ne semble pas être le meilleur moyen de sécuriser des manifestations supposément menacées d’actions kamikazes. Politiquement, le traitement appliqué à la mobilisation citoyenne est en totale contradiction avec la prétendue prise en compte de ce mouvement en tant qu’expression d’un message populaire.
On ne peut en pas prétendre l’écouter et ne faire que l’étouffer. Et il n’y a pas la pression qu’il endure sur le terrain ; il y a aussi le black-out médiatique anachronique imposé aux médias publics et aux télévisions de la rente ; il y a encore la menace de récurrentes interpellations et immobilisations pesant sur les journalistes qui couvrent les événements en question. Tout cela constitue soit une forme de dénégation, soit une attitude de rejet de la revendication populaire. 
Même après avoir imposé son “élection”, le régime n’a rien changé à sa gestion du mouvement de revendication. Il s’est limité à commander une proposition de réforme constitutionnelle à un comité d’experts et s’est attelé à des consultations de personnalités dont on ignore encore la finalité politique. Mais pendant ce temps, la réponse directe au mouvement citoyen se résume à la pression physique et à la répression policière et judiciaire qu’il subit. En fin de compte, le pouvoir fait comme s’il ne veut ni franchement rejeter la demande populaire de changement de système ni clairement l’endosser. 
Visiblement, il joue le temps. De ce point de vue, rien n’a bougé depuis le 11 avril 2019, date de convocation du corps électoral pour l’élection avortée du 4 juillet et la réponse, le jour suivant, de la rue, rejetant la voie électorale et revendiquant une voie de transition “systémique”. Depuis, le pouvoir s’est installé entre gain de temps et passages en force, en attendant la réduction du mouvement, une réduction pour laquelle il compte peut-être sur l’usure des manifestants et l’agacement d’une classe politique et d’une élite impatientes de reprendre leurs fructueuses occupations, une réduction qu’il espère accélérer par la répression et le black-out médiatique.
En échafaudant cette stratégie du pourrissement répressif, deux données semblent, cependant, lui échapper : la nature politique du mouvement et son potentiel de résilience. On peut observer que le mouvement ne revendique rien que le régime puisse lui accorder, si ce n’est son remplacement et le remplacement du système qui le sous-tend. Cette essence révolutionnaire du mouvement établie, on observe qu’il a choisi la voie strictement pacifique pour parvenir à sa fin. En faisant ce choix, à son corps défendant, c’est une option pour la patience et l’endurance qu’il a d’emblée prise.
Mais le régime préfère continuer à le tester. Mais là, la question dont on accablait le hirak change de destinataire : jusqu’à quand ?
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER