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contrechamp / ACTUALITÉS

Ksentini : mourir d’aimer

On a un moment cru que le pouvoir voulait enfin crever l’abcès et mettre fin aux conjectures autour de la question du cinquième mandat. Même si aucun candidat n’est obligé de se prononcer si tôt avant le délai légal. On l’a cru parce que l’ex-président de l’ex-CNCPPDH (Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’Homme) a été on ne peut plus clair : “Je l’ai rencontré la semaine dernière” et “j’ai constaté qu’il a un grand désir de se présenter pour un cinquième mandat”. Dans la bouche d’un juriste, un constat n’est pas une simple impression. Farouk Ksentini explicite alors le véritable “programme” de Bouteflika, un programme de présidence à vie : “Il veut rester au service de son pays et à sa disposition jusqu’à sa mort.”
L’avocat semble tellement imprégné du projet qu’il l’annonçait dans un évident esprit de campagne, assurant que “c’est son droit” (de se représenter), que “son analyse politique est parfaite”, qu’“il n’est pas obligé de mener lui-même la campagne électorale”, ayant “suffisamment de hautes compétences autour de lui pour le faire”, et, enfin, qu’il a un bon bilan puisqu’il a “réussi à 75% dans les projets qu’il a initiés”.
Mais voilà qu’un cinglant démenti vient brutalement désavouer l’ancien président de la CNCPPDH. Il n’émane pas de quelque “source proche”, mais, formellement, de la Présidence. Celle-ci nie qu’une quelconque audience ait été accordée à Ksentini et récuse les propos qu’il prétend avoir recueillis de la bouche du Président. Tout cela ne serait que “pures affabulations” de l’avocat !
Qu’est-il arrivé à l’ancien haut cadre de la Présidence pour qu’il se mette ainsi à délirer sur un sujet aussi important, si c’est le cas ? S’est-il maladroitement empressé à répandre un message à diffusion restreinte ? Ou a-t-il été “exécuté” pour sauver la règle du secret sur laquelle la stratégie de perpétuation du système a toujours reposé ? Cela dit, le démenti fait qu’en théorie, la question du cinquième mandat se pose à nouveau.
Pourtant, la réponse n’est un secret que pour celui qui le veut bien : tout indique que la continuité est en préparation. À commencer par le budget 2018. Ksentini n’a fait que lever un doute qui a toujours fondé la stratégie de communication politique du régime.
L’opinion publique et le citoyen en général doivent se débrouiller avec les messages prétendument voilés d’Ould Abbes qui indique que “le FLN remportera ces élections sous le numéro 5 et décrochera le cinquième mandat présidentiel”. Il ne cite pas Bouteflika mais parle bien de cinquième mandat ! Ou avec les imprécations d’Ouyahia qui ne comprend pas que des opposants veulent le pouvoir alors que Bouteflika est encore là.
Émissaire de bonne volonté à tout crin, et par amour pour le régime, Ksentini connaît la mort politique avant d’avoir eu une vie politique ; une mort d’avoir maladroitement percé un secret de Polichinelle.


M. H.


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1 réactions
Fraternity le 20/11/2017 à 13h32

Les propos de M. Ksentini, l'un des affabulateurs de son excellence, qu'ils soient affirmés ou infirmés confirment la thèse du vacance du pouvoir par son occupant "légitime"! La nouveauté maintenant le conflit déborde du cercle de l'association de malfaiteurs et s'exerce publiquement par média interposés. En résumé, les 2 franges du pouvoir n'ont pas dit leur dernier mot, quant à la conduite du statut quo ou non? Une sortie à la Zimbabwy n'est pas écartée.

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