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contrechamp / ACTUALITÉS

La bévue politique de l’ISF

Maintenant qu’on y pense, grâce aux explications de la Commission des finances de l’Assemblée nationale : c’est tellement plus commode d’imposer les pauvres plutôt que les riches !
Un des arguments du président de la Commission qui a rejeté le projet de l’impôt sur la fortune est que l’administration ignore le nombre de riches, le montant de leurs avoirs, leurs secteurs d’activité et leurs adresses. Ce en quoi, il n’a pas tort : pourquoi instaurer un impôt si on ne sait pas trouver ceux qui y seront théoriquement assujettis ? L’argent, c’est effectivement plus facile à dissimuler lorsqu’on en a beaucoup que lorsqu’on en a peu. De plus, nos fortunes sont souvent planquées dans de lointains petits États insulaires et receleurs ou changés en pierres de prestigieuses métropoles, hors de portée de nos inspecteurs qui se déplacent à pied, pour ceux, nombreux, qu’on n’a pas corrompus.
C’est vrai, le gouvernement ignore presque tout du pays qu’il gère. Il n’y a pas que ces fortunés et potentiels gros contribuables qu’il a perdus de vue. Aux entrepreneurs réunis pour l’université d’été du FCE, le ministre de l’Industrie a demandé de bien vouloir le renseigner sur les quantités produites par leurs usines avec la promesse de ne pas les transmettre… au fisc. Le ministre de l’Intérieur vient de reconnaître, à la veille d’une élection, que l’État ignore le nombre d’électeurs inscrits à l’échelle nationale. Pourquoi voudriez-vous alors que l’administration fiscale, qui n’est pas l’institution la mieux équipée du pays, détienne les états des différentes catégories de contribuables ?
Heureusement que les administrations et certaines entreprises déclarent leurs employés, et qu’ainsi, leurs contributions des travailleurs leur sont soutirées à la source. Grâce au pétrole, l’État algérien s’est forgé une mentalité de rentier. Celui-ci a ceci de caractéristique : il ne sait pas où chercher l’argent, l’argent ayant l’habitude de venir à lui ; il ne sait que le dépenser. Sans trop compter. Et si, un jour, la vie le contraint à gagner sa subsistance, il est désemparé et peut faire n’importe quoi. Comme d’essayer de fabriquer de la monnaie, par exemple.
Avec l’argent du pétrole, le pouvoir algérien ne s’est pas contenté de se dispenser de l’impôt ordinaire. Il a voulu soudoyer diverses catégories socioprofessionnelles par des augmentations brutales et disproportionnées, il a entretenu un système de subventions dont il lui sera maintenant difficile d’en sortir, faute… d’argent. Et devant l’échec de l’étatisme industriel, le pouvoir, allergique à la libre compétition et à l’émergence d’élites économiques et sociales autonomes, a voulu se fabriquer un patronat “organique”. Le gré à gré et le système de priorité servent à engraisser ce réseau de fortunes “dominant” vers lequel la rente est prioritairement orientée.
Dans ce système oligarchique, l’argent et le pouvoir ont fini par entrer dans une relation osmotique. Si on touche à l’un, on perturbe l’autre. On le sait au moins depuis l’intermède Tebboune qui, désormais, constitue un vrai traumatisme pour le système politico-oligarchique.
On ne l’a pas liquidé pour se laisser ensuite indisposer par un impôt sur la fortune !

M. H.


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1 réactions
Fraternity le 21/11/2017 à 14h13

Les explications du P.de la Commission des finances révèlent le degré de son incompétence; Il prend nos compatriotes pour des ignorants. (...) je ne sais pas s'il vit en Algérie, devrait y aller dans n'importe quel village, pour ce rendre compte de l'étalement vulgaire des richesses! Cet étalement dans le jargon fiscal s'appelle "signes extérieurs de richesse" Bien sur, des fortunes constituées illicitement au vu et au su d'une administration corrompue.

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