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contrechamp / ACTUALITÉS

La clarté du débat et l’ombre du Président

Ammar Saâdani appelait cela “la ligne rouge”. Il disait, du temps où il avait la fonction de dire, que tout pouvait se discuter sauf “la légitimité des institutions”, voulant dire “l’aptitude du Président à remplir sa fonction”.
L’apôtre de l’État “civil” avait alors le légitime apanage de nous dessaisir de ce droit, en effet. Car, nous n’avions et n’avons toujours pas le moyen de savoir si le chef de l’État est en mesure de tenir son rôle ou pas. On le constate lorsque la question se pose en débat formel comme ce fut le cas avant-hier lors de la journée organisé par l’UDS.
Certes, il y a un article de la Constitution qui, comme ses équivalents dans les Constitutions précédentes, prévoit le cas d’empêchement ou de vacance du pouvoir. Mais, comme on s’en est justement rendu compte au cours de ce débat, il n’y a pas d’instances d’arbitrage ou de délibération suffisamment indépendantes pour s’en remettre à la seule autorité de la loi, fût-elle la loi fondamentale. Peut-on concevoir le Conseil constitutionnel, dans sa composition actuelle ou passée, entreprendre de sa propre volonté quelque initiative procédurale que ce soit ? Peut-on espérer voir l’Assemblée nationale, dans sa configuration actuelle ou passée, entamer une formalité législative que l’Exécutif ne lui a pas commandée ?
Ce qu’il y a de lassant dans ce débat sur la mise en œuvre de l’article 102, comme dans toutes les palabres autour des sujets politiques, économiques et de société, c’est que les acteurs de la vie publique nationale, même ceux hors système, font fi des questions préalables à ces discussions, ou plutôt de la question préalable : la démocratie. En bavardant sur le détail, ils escamotent la vraie question politique, la question générale du système de pouvoir. Ils rendent ainsi un immense service au pouvoir l’interpellant sur ses abus particuliers, avec une minutie de procéduriers, alors que la vocation du système et du régime qui le représente actuellement, c’est de s’adonner à l’abus en général et à l’abus de pouvoir en particulier.
Il n’est pas inutile de rappeler que cette affaire de capacité physique et intellectuelle du Président a été largement évoquée en pleine campagne pour l’élection présidentielle. Elle s’est invariablement résolue par la “légitimité” de sa candidature. En 2009, déjà les ennuis de santé de Bouteflika lui ont permis de détourner l’attention sur le réaménagement putschiste de la Constitution aux fins d’abolir le principe démocratique d’alternance et de s’assurer une nouvelle série de mandat.  
Si une télévision prise au hasard peut faire, avec crédit, le récit de la manière dont le Président a réprimandé son Premier ministre, si nous en sommes à vivre deux changements de Premier ministre en moins de trois mois et à devoir reconstituer de nous-mêmes la logique de la péripétie, c’est parce que le pouvoir a déjà conditionné le peuple et…les institutions au fonctionnement le plus surréaliste qu’une “République” puisse adopter.
Le discours de l’article 102 préconise donc aujourd’hui d’interrompre sans délai la Présidence de Bouteflika. N’est-ce pas un peu tard pour se faire exigeants maintenant que nous ne savons pas si le pouvoir nous entend ?

M. H.


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