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contrechamp / ACTUALITÉS

La Cnas, victime de la carte Chifa ?

La Cnas se plaint de ce que les assurés, les médecins et les pharmaciens abusent de la carte Chifa, mettant “en péril” la sécurité sociale des Algériens.
Il en est de l’usage de la carte Chifa comme des congés de maladie, désormais soumis à un plus strict, mais sûrement plus coûteux, contrôle : la complaisance des professionnels de la santé peut intervenir dans le déséquilibre financier de la sécurité, mais seulement à la marge du système.
La complaisance des professionnels de la santé, si elle agit, devrait être plutôt l’exception que la règle. Comme l’institution qui gère nos cotisations ne rend pas publique la ventilation de ses dépenses, c’est-à-dire la manière dont elle utilise l’argent investi par la population travailleuse dans la santé générale, nul n’est en mesure de juger de la part de responsabilité des praticiens, gérants d’officine et détenteurs de carte dans le déficit de la caisse. Et si l’on considérait la part de remboursement dans les dépenses de la caisse, peut-être que l’on relativiserait encore plus
l’épiphénomène.
En tout état de cause, le maniement délictueux de cette carte n’est possible qu’avec le consentement de son détenteur, voire à son initiative. Ce qui renvoie à la sempiternelle question du déficit civique de nos concitoyens. Depuis que la bigoterie est passée au statut de morale supérieure, la morale civique a déserté la place : ce quidam qui dépose sa carte à la mosquée — ou peut-être dans certaines pharmacies — à l’usage de “frères” non assurés et sans ressources suffisantes pour payer leurs médicaments sait qu’il vole. Mais, ce qui lui importe, c’est la réputation de bienfaisant qu’il en tire dans le milieu pieux. Qu’importe le préjudice qu’il inflige à l’État.
À l’État, croit-il. Car c’est une partie de l’épargne sociale de ses camarades travailleurs qu’il vole… pour faire du bien.
Mais en la matière, l’État a lui-même donné l’exemple en subventionnant tout ce qui relève du religieux avec l’argent public. Quand on abuse de subventions pour le hadj, qu’on en rajoute chaque année, qu’on en fait un moyen d’expression de la condescendance de nos responsables, on délivre un message politico-moral : ce serait, forcément, faire œuvre utile que de dépenser de l’argent, même public, pour de dévotes
actions.
D’ailleurs, que retiendra-t-on du régime actuel ? Dès qu’il a fallu faire des coupes dans les programmes d’équipement, on a pu observer le contraste entre le bourrage financier du projet de la Grande mosquée d’Alger et l’annulation, pure et simple, des projets de centres hospitalo-universitaires !  
Ni la Cnas ni aucune structure de gestion publique n’ont échappé à ce principe de priorité de la pieuse dépense : omra pour les travailleurs, circoncisions collectives au vingt-septième jour du Ramadhan… Il serait tout aussi utile de considérer, dans la dépense globale de la caisse, la quote-part des transferts, pour partie complaisants, voire “politiques”. Et il serait tout aussi légitime, pour l’assuré, de connaître le montant alloué au système hospitalier et qui sert à financer, en partie au moins,… la médecine gratuite.
La question, en définitive, est une question d’approche et de transparence. On ne peut pas se suffire de diagnostics rapides et intimes d’une caisse qui concerne des millions de contributeurs et qui constitue un élément, essentiel, du système national de santé.


M. H.


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