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contrechamp / ACTUALITÉS

La facture de l’échec

C’est sûrement vrai que le FCE n’a pas fait pression sur l’APN et sa commission des finances pour leur faire annuler l’impôt sur la fortune. Parce que pour faire pression sur une personne ou une structure, il faudrait qu’elles aient quelque aptitude à la résistance.
Non, ni le FCE ni les “fortunes” en général n’ont fait pression sur la majorité parlementaire.
“Ça, c’était avant”, quand les fortunes n’étaient qu’une force de pression. Aujourd’hui, l’argent est une force politique. La première. Pour moins qu’un impôt sur la fortune, pour des gestes symboliques, un Premier ministre a été déchu sans ménagement.
Non, la majorité parlementaire n’a pas besoin d’être mise sous pression. Elle sait, d’instinct, pourquoi elle a été “élue” et ce qu’on attend d’elle. Et s’y conforme avec un parfait consentement. Sans jamais nous surprendre. Sauf quand la surprise est préméditée, comme dans cette affaire de fausse censure d’un article de la loi de finances. D’ailleurs, le ministre en charge du Budget lui-même n’a pas été surpris. Et encore moins scandalisé. Il était plutôt en recherche d’arguments pour justifier cette simulation d’amendement. S’il avait prévu de fabriquer mille huit cents milliards de dinars en 2018, c’est justement pour ne pas avoir à taxer les riches. Il vaut mieux imposer les plus nombreux à travers des taxes sur la consommation. Celles-ci sont plus faciles à collecter et touchent des contribuables plus nombreux. Qu’importe si, parmi eux, beaucoup sont pauvres. “L’élargissement de l’assiette fiscale”, comme ils disent, ça sert à réduire… la pression sur les grandes fortunes et les plus grands revenus ? Depuis trois ans que le pouvoir d’achat des Algériens dégringole, l’État ne fait que leur expliquer la fatalité de la baisse de leur niveau de vie. C’est la faute au marché du pétrole. Mais il ne leur explique pas à quoi cela a servi que ce pétrole fût si cher pendant quinze ans !
Avec la diminution de la rente, même le semblant d’activité économique que l’on a va ralentir, du fait de la réduction des importations, d’une part, et de la demande locale publique et privée, d’autre part. Jusqu’ici, il n’y a pas eu de choc social brutal, mais les difficultés vont aller en s’aggravant et de plus en plus de catégories sociales vont être lâchées. Or, l’État n’a rien prévu pour parer à ces déclassements progressifs des plus basses strates sociales. En trois ans de crise, il est comme stupéfait par le piège qu’il s’est tendu à travers sa politique de subventions. Il n’a ni les moyens conceptuels ni les moyens financiers d’entamer une transition vers une politique sociale ciblée !
En cette année de précampagne, le gouvernement a prévu de faire beaucoup tourner la planche à billets. Pour ne pas avoir à imposer la fortune. Et pour d’autres emplois qu’il n’a pas énumérés avec précision, parlant parfois d’investissement et, d’autres fois, de paiement des salaires de la Fonction publique. En un mot, il sait seulement qu’il va endetter la génération prochaine. Enfin à ceux de cette génération qui n’ont pas eu des parents assez puissants ou assez riches pour leur aménager un avenir ailleurs.
C’est à ceux-là que le régime léguera la facture de son échec.

M. H.


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