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contrechamp / ACTUALITÉS

La faillite du politique

L’initiative de Makri pour un consensus de transition soutenu par l’armée ne rencontre pas l’accueil que son promoteur aurait souhaité. D’autres initiatives passées, souvent collectives, “ont vécu le temps que vivent les roses”.
Tout se passe comme si Bouteflika attendait qu’on lui oppose une alternative pour qu’il s’en aille. Ou qu’un autre personnage, individuel ou collectif, qui aurait la prérogative d’organiser la succession politique dans notre pays, se résolve enfin à agir. Mais aucun de ces “initiateurs” n’ose nommer le lieu de gestion de la transmission de pouvoir auquel il s’adresse.
Si les partis politiques agissent ainsi, c’est parce que leurs dirigeants savent que leur capacité de mobilisation est loin de suffire à leur assurer quelque influence sur le cours des choses. De son côté, le pouvoir, dans sa cohésion de circonstance et malgré ses contradictions structurelles, n’ignore pas ce fait qu’aucune force politique n’est en mesure de remettre en cause son emprise sur les institutions et sur la société. Il suffit d’observer que les convulsions politiques les plus significatives, pour nous, sont celles qui se produisent à l’intérieur. Et ce sont celles-là que notre sismographe médiatique enregistre consciencieusement et que nous, “observateurs”, analysons méticuleusement. Et c’est à elles que la “classe politique” réagit assidûment. L’impuissance politique des militants discrets du changement fait qu’ils fondent beaucoup de leurs espoirs sur l’évolution par implosion du régime en place ou, plus largement, du système de pouvoir.
Le régime, depuis l’avènement de Bouteflika, a choisi de se mettre en rapport direct avec la population, catégorie par catégorie, en adaptant le contenu de ce rapport, généralement de nature socio-économique, à chacune des couches sociales, des communautés idéologiques et des corporations ciblées. La seule crainte qu’il peut avoir est que la crise de rente s’aggrave au point de ne plus pouvoir subvenir à l’entretien de sa clientèle politique et répondre aux attentes des catégories qui lui sont liées par ce contrat social qui est aussi un contrat politique. Dans la société, et au-delà des forces conservatrices organisées, il y a un fort mouvement, si l’on peut dire, de statu quo. Mais un “mouvement” très dépendant des capacités financières de l’État.
C’est que les partis d’opposition ont beaucoup aidé le régime à faire évoluer le “mode de production” national vers des rapports sociaux de nature rentière. En quittant, pour la plupart, la position de force de revendication, pour une espèce de position d’accompagnement du régime, en désertant le combat pour une illusion d’influence que Bouteflika leur a fait miroiter, les partis d’opposition y ont laissé leur crédit.
Aujourd’hui, de retour d’une expérience de participation, pour les uns, et de “compréhension”, pour les autres, ils constatent que leurs bases, contrariées, se sont globalement converties à l’opportunisme rentier. Alors, ils croient compenser ce divorce entre politique et société en se mutualisant autour de prétextes divers : transition, consensus, plateforme… Mais le fait est là : en même tant que la faillite du régime se dessine la faillite du politique. Ce n’est donc pas du politique que viendra la prochaine évolution.


M. H.


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