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contrechamp / ACTUALITÉS

La logique prévaricatrice du système

“Il n’y a nul besoin de Kamel ‘El-Bouchi’ pour faire ce lien. Le classement de notre pays dans le baromètre mondial de la corruption en 2017 — où l’Algérie a occupé le 112e rang sur 180 pays — est, à lui seul, révélateur de l’importance que ce phénomène a pris ces dernières années.”
Ainsi répondait l’expert à une question de notre confrère El Watan sur “la complaisance” — le doux euphémisme ! — dont a bénéficié ce “promoteur”. En effet, le scandale “El-Bouchi” n’est pas le premier et ne sera pas le dernier. Et malgré toutes ces caractéristiques qui en font une affaire d’État (ramifications institutionnelles, implication de hauts fonctionnaires, de hauts gradés, de magistrats…), le dossier commence à s’enliser dans les méandres d’une discrète procédure.
Au fil des scandales qui ont précédé (Khalifa, autoroute Est-Ouest, Sonatrach 1…), la justice a fait la démonstration qu’elle a plutôt vocation à “gérer” les affaires de nature politico-financière plutôt qu’à les juger. Parfois, leur traitement lui échappe (BRC) ou lui est simplement retiré (Sonatrach 2).
Et bientôt, l’affaire “El-Bouchi” connaîtra un de ces surprenants épilogues par lesquels l’opinion populaire découvrira que c’est elle qui a pris une butte pour une montagne et que le scandale n’était qu’une petite canaillerie de sous-fifres. Même si l’histoire mafieuse de l’Algérie indépendante se sera enrichie d’un nouveau cas illustrant les multiples formes de connivence entre la prédation politique et administrative, d’une côté, et la flibuste de tous les trafics, de l’autre. Rien qu’en termes de fréquentation, la rencontre de Kamel “El-Bouchi” et de toutes ces “personnalités”, qu’il a éclaboussées d’argent et de honte, renseigne sur l’état moral de l’État.
Il y a, cependant, deux erreurs d’appréciation qu’il serait naïf de faire : que le détournement privé des ressources nationales est le fait d’accidentelles inconduites de responsables véreux, d’une part, et que le pouvoir peut lutter contre ses propres dérives mafieuses, d’autre part. Le système est conçu pour rendre possibles les malversations. Le tout, pour le prébendier, est de savoir s’il est autorisé à piquer dans le fonds et jusqu’à quelle mesure. C’est cela notre système : il est structuré pour assurer à toute personne détenant un pouvoir de “faire des affaires”, des affaires forcément illicites puisqu’elles ne sont pas réalisées dans la sphère de la spéculation financière, de la production ou du commerce.
Sa base politique lui est liée par le fait qu’il assure de multiples voies d’enrichissement extra-économique. Il ne peut donc pas assécher les mécanismes qui lui assurent soutènement politique, comme le passe-droit, la corruption, les activités de blanchiment d’argent, le change parallèle, les attributions arbitraires de patrimoine, etc. Les scandales qui éclatent à l’occasion sont des accidents de la route d’un fonctionnement auquel beaucoup d’Algériens participent, que d’autres subissent et que tous contemplent.
La lutte contre l’enrichissement illicite, en général, et la délinquance politico-financière, en particulier, reviendrait, pour le pouvoir, de scier la branche sur laquelle il est assis. Dans une telle situation, il est facile de deviner et de comprendre son attitude.

M. H.


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