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contrechamp / ACTUALITÉS

La longue marche

Après le FLN, c’est au tour du RND de nous rappeler que le régime est encore à l’œuvre. Les partis de Benflis et Makri, dissimulés derrière leur faux statut d’opposants, contribuent à cet effort pour une réhabilitation, et tous espèrent la consacrer à travers l’élection du 4 juillet.

Dans la situation actuelle où les acteurs politiques les plus actifs sont ceux-là mêmes qui devraient être l’objet du changement, le peuple qui en revendique le départ semble prêcher dans le désert.
Cette séquence où Ouyahia, après avoir rendu visite à la justice, pour reprendre une formule significative, est revenu suggérer, quelques jours après, de “dialoguer pour aller aux élection”, rappelle, à elle seule, combien le système est encore fonctionnel et combien l’article 102 n’est là que pour faire illusion. En faisant passer un intérim pour une transition. Ce qui encourage le RND à nous proposer d’aller aux élections avec la liste électorale à géométrie variable du gouvernement et le système de fraude qu’il n’a cessé de perfectionner depuis 1997 ! Semaine après semaine, et malgré la clarté de la demande populaire, le pouvoir fait la sourde oreille, s’en tenant à sa feuille de route “constitutionnelle”. C’est la revendication populaire de destitution du régime — condition d’un changement de système — qu’on veut vider de son sens au bout d’une espèce de guerre d’usure qui dure depuis deux mois et demi.  Dans cette “solution constitutionnelle”, l’offre de “dialogue” est en fait sans objet puisque le processus constitutionnel est préétabli. Cette stratégie de restauration du régime est pourtant rejetée par le peuple qui, jour après jours, revient à la charge, dans une remarquable constance, rappeler son exigence de rupture totale avec le système actuel. 
Devant le double jeu du pouvoir en place, figuré par le discours ambivalent du chef d’état-major de l’ANP, le peuple se voit contraint à une persévérance sans faille pour préserver la mobilisation, la cohésion et le pacifisme de son mouvement. Car tout indique que le régime n’est pas disposé à faciliter le changement et que le peuple est sommé de s’inscrire dans une stratégie de “longue marche”. Il semble s’y être résolu en effet, si l’on s’en tient aux nombreux slogans par lesquels les manifestants s’engagent à ne pas revenir sur le contenu originel de leur requête.
Car, enfin, si, a contrario, le projet du pouvoir et de ses dépendances politiques, tel qu’il est formulé aujourd’hui, est retenu, cela reviendrait à repartir pour un cinquième mandat. Sans Bouteflika. Il faut croire que les décideurs entendent mal, ou ne veulent pas entendre, l’exigence populaire pour oser ainsi répondre à un soulèvement d’une envergure et d’une nature jamais observées dans la vie des nations, pour la proposition tacite d’une présidence Taleb El-Ibrahimi ! Toute une révolution de toute une jeunesse pour introniser le président que le FIS n’a pas réussi à faire élire il y a une trentaine d’années !
Quel “dialogue” entre un peuple qui veut s’émanciper de son passé autoritariste et régressif et un pouvoir qui veut renvoyer le pays à son époque jurassique ? La marche sera, assurément, longue !
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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