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contrechamp / ACTUALITÉS

La nuit du doute et le moment de vérité


Le Ramadhan tire à sa fin. C’est bientôt la nuit du doute. Et on vient de prendre connaissance d’une liste de Premiers ministres, de ministres et de walis devant être poursuivis pour des faits de malversations. D’autres sont certainement en attente de convocation. Certains ont déjà fui le pays, dans l’espoir d’échapper à ce sort. 

Dans une telle atmosphère, où le gratin du régime s’empile dans les antichambres de tribunaux, en attendant le gros des troupes de pilleurs, on ne peut s’empêcher de se remémorer le spectacle vingt fois renouvelé de leur parade de la “nuit du doute” à la Grande Mosquée d’Alger, le kamis ou le burnous immaculés, le visage fermé et la tête inclinée dans une posture affectée de recueillement !
À la fin du rituel, personnalités religieuses, hommes politiques et citoyens triés des premiers rangs, unis dans une pieuse comédie, s’adonnent à une rituelle séance d’embrassades. Mais la parodie de fraternisation est contredite par l’ordre protocolaire strict. 
Avec la répétition de ce spectacle pour les  fêtes des deux Aïd, la douteuse dévotion du pouvoir est ainsi télévisée au moins trois fois par an.
Depuis que l’islamisme a popularisé le subterfuge selon lequel l’ostentation religieuse peut efficacement dissimuler l’immoralité des mœurs, beaucoup, dans l’immense univers politico-mafieux épanoui à l’ère Bouteflika, ont adopté cette double vie faite de turpide et de dévotion combinées !
à mesure que la corruption se répandait, le zèle  religieux se vulgarisait. Et plus la corruption se banalisait, plus ils rajoutaient de couches de bigoterie, jusqu’à faire de l’État une institution de promotion confessionnelle. La gestion du hadj et de la omra est devenue la tâche prioritaire d’un pouvoir plus inspiré par son sentiment de culpabilité que par sa conviction quant à une responsabilité religieuse de l’État. Même une fois la liste de pèlerins clôturée, le président, dans un geste de piété débordante, ressert une dernière fournée d’un millier de passeports, entraîné qu’il est par un irrésistible désir de servir Dieu et d’aider ses fidèles. Pourquoi se priver, puisque le Trésor public est à disposition ?
En démissionnant, contraint et forcé, Bouteflika laisse derrière lui un personnel politique pléthorique dont la performance a été d’encadrer, dans la durée, le pillage de la richesse nationale, par eux-mêmes en partie, par leur clientèle de concussionnaires et par leurs partenaires de collusion à travers une coopération spécifiquement adaptée à leur entreprise de prévarication. Il laisse aussi une mosquée en finition dont l’envergure et le coût sont en rapport direct avec le niveau de dissolution de la morale politique atteint sous son règne.
Il est probable que la pire des violences qu’on puisse faire à une religion, c’est de la contraindre de servir ainsi la politique et les politiques licencieux. Et quand on observe le sens des affaires chez les islamistes, toutes tendances confondues, on peut, sans risque de se tromper, proclamer que c’est là que réside le véritable objet de la soi-disant “réconciliation nationale”.
Loin d’être une garantie morale de l’État bigot qu’elle habille, la religion est plus sûrement le masque, et l’indice, de sa débauche. 


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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