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contrechamp / ACTUALITÉS

La plage, enjeu de société

Comme chaque été, la quiétude des estivants, perturbée, dit-on, par les loueurs de parasols, préoccupe l’État. Sans qu’il puisse y apporter une solution arrêtée.
D’abord dénoncés pour “le racket” auquel ils soumettent les vacanciers, les “parasoliers” sont finalement tolérés au prix de quelques conditions, en particulier celle de ne pas occuper la plage avant l’arrivée des baigneurs et de ne pas les obliger à recourir à leurs services.
Pourtant, ici, comme en d’autres domaines, si l’espace est vacant, c’est parce que les autorités l’ont, les premières, déserté. Voici très longtemps que l’État s’est accommodé de cette position de retrait, de fuite des responsabilités, abandonnant à qui veut bien s’en emparer d’immenses espaces publics et secteurs de la vie sociale. En économie, par exemple, c’est l’informel qui s’est substitué aux activités légales. En matière de mœurs, c’est l’islamisme qui a envahi le désert civique qui s’offrait à lui. La plage n’est pas l’unique endroit que l’État lui a cédé ; les intégristes ont pris le contrôle des toutes les activités sociales et régissent nos manières d’interagir, de nous réunir, de nous marier, de divorcer, de nous saluer…
Pendant ce temps-là, le pouvoir se barricade dans ses institutions, ses résidences, ses véhicules blindés ; il endigue ses institutions de périmètres de sécurité ; il traque le terrorisme armé… mais livre la société à la terreur et à la rigueur de foules obscurantistes agissant en police des mœurs et des consciences. Dans cette division du travail entre pouvoir politique et force idéologique — à nous les institutions, à vous la société —, l’islamisme a hérité de la prérogative de réglementer notre mode de vie.
Pourquoi, alors, voudriez-vous qu’il laisse les plages, lieu d’expression corporelle du bonheur et de la liberté, échapper à son contrôle ? Et laisser ainsi des femmes dénudées participer à cette chorégraphie saisonnière de la vie ?! Malgré la méthode consistant à occuper en nombre l’espace en jeu pour mettre les récalcitrants en minorité — et en peur — pour les refouler, il subsiste encore des femmes qui viennent se baigner en mer en maillot de bain. Ô blasphème ! On souffre de les voir montrer leurs cheveux en ville et on doit encore endurer le spectacle de leur relative nudité sur les bords de mer !
Dans cet enjeu, les “parasoliers”, qui font vivre et entretiennent un espace déserté par l’autorité publique mais pas encore entièrement colonisé par la culture obscurantiste, apparaissent comme un encouragement à l’estivage. Ils prennent la place de ces tentes de draps sales où des barbus dissimulent leurs femelles en burkini. Ces squatteurs commerciaux, en occupant des bouts de littoral, y assurent un minimum d’hygiène et d’ordre. Même les femmes seules y trouvent quelque quiétude.
Sur la plage, en Algérie, se livre une bataille de civilisation. Le pouvoir le sait. Comme il sait que cette bataille se joue aussi dans l’école, dans la culture, à la télévision, dans les journaux, dans la rue… Et là, comme partout, le pouvoir prend le parti de l’intégrisme, espérant que ce pacte “institutions contre société” lui assurera longtemps encore la tranquillité dont il a besoin pour continuer ses affaires.


M. H.

 


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1 réactions
Fraternity le 17/07/2018 à 12h51

Cet espace, la plage, autrefois synonyme de liberté et de joie de vivre est devenu un énoncé d'accaparement de ce qui reste dans ce pays, de privation et d'intolérance. Pour les Islamiste, la plage est un endroit de débauche, de fornication et de dépravation qu'il faut absolument l'interdire au corps féminin. La pouvoir et ses acolytes ayant déserté ce périmètre appelé poliment plage, (saletés et violences) depuis longtemps. Ils ont posé bagages plus loin vers le nord.

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