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contrechamp / ACTUALITÉS

La politique ramenée au niveau de Naïma Salhi

Naïma Salhi a donc lâché Bouteflika dans son projet de cinquième mandat ! Il paraît que son retournement de voile vient de ce qu’elle a été délestée de ses apparats qui, en Algérie, distingue les gens de pouvoir des “simples citoyens”, comme on le précise dans le langage courant : véhicule avec gyrophare et gardes du corps.
Sa défection ne risque pas de compromettre l’avenir politique du Président. Elle n’est qu’une parmi ces milliers de superfluités politiques qu’il a fabriquées pour emplir de vide les fonctions  électives et les fonctions nominatives. La garantie de médiocrité de ce bourrage institutionnel repose justement sur la pratique du bourrage des urnes en guise d’élection et sur les procédés claniques, népotiques, clientélistes et régionalistes de pourvoi de fonctions avantageuses.
Ces “fonctionnaires politiques” sont rémunérés pour occuper les positions qui reviennent à de vrais militants pourvus de réelles convictions ou à des professionnels bardés de compétences et animés par la volonté de bien faire. Car ceux-ci, conscients de leur devoir, pour les premiers, et de leur science, pour les seconds, sont capables d’opinions autonomes. Or, le régime ne fonctionne à son aise que si les institutions sont saturées de responsables sans technicité et sans idéaux. Ainsi la décision autoritaire s’écoule, de haut en bas, sans subir le moindre examen de “responsables” qui sont là pour les privilèges du poste et non pour ses prérogatives.
C’est le pacte tacite : le statut et ses avantages contre la défense du régime. Salhi a justement perçu le retrait de ses attributs de “personnalité” comme une rupture de ce pacte de la part du régime, une trahison. D’où cette réaction d’une femme qui a déjà montré son incapacité à retenir son acrimonie : priver Bouteflika de son précieux concours dans la course à un cinquième mandat ! Mais ce n’est pas assez pour assouvir sa colère ! Elle demande alors “qu’ils nous ramènent n’importe quel candidat, soit-il issu des rouages du pouvoir. L’essentiel c’est qu’il soit jeune, avec une certaine instruction et surtout, qu’il ait une maîtrise des dossiers sécuritaires”. Elle réplique à Bouteflika par la promotion d’un profil correspondant à un général qu’il a démis, et que la vox populi a, un temps, présidentialisé : El-Hamel !
Voici un pur produit des vingt ans de dégénérescence intellectuelle de la vie publique qui se retourne contre le régime qui l’a conçu ! À cause d’un véhicule. “Tout sauf Bouteflika !”  Enfin… pas tout. Il reste sa haine de tamazight sinon elle l’aurait remplacé même par un Kabyle.
Salhi n’est pas un cas. Elle, elle a le défaut supplémentaire de sa rancœur qui l’amène à étaler ses grandes limites culturelles et morales. Mais songeons aux nombreux sénateurs qui se sont soulevés pour dénoncer l’arrestation de leur compère pris en flagrant délit de corruption ! Eux, comme elle, sont dans la logique du système. Pourquoi attribue-t-il des privilèges et des signes de pouvoir à des “acteurs politiques” sans mérite pour qu’un jour, pour des raisons électorales ou autres, ils se mettent à jouer les redresseurs de torts ?
On peut déjà imaginer ce qui attend le régime le jour où il n’aura plus les moyens de continuer à les corrompre !

M. H.


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