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contrechamp / ACTUALITÉS

La presse et la (non) politique du sport

La vie sportive du pays se résume à son équipe nationale de football.
Certes, on peut participer à certaines joutes…olympiques, méditerranéennes, ou africaines… mais juste pour le principe. Maintenant qu’il n’y a plus ces deux ou trois arbres qui, jadis, cachaient la forêt de la médiocrité sportive nationale, c’est devenu une véritable corvée, humiliante parfois, d’y participer. On l’a vu avec les Jeux méditerranéens de Tarragone, en juin dernier : on y est allé à reculons, n’ayant rien à présenter. La doctrine sportive nationale consiste à voiler notre néant sportif à l’aide d’une équipe de football composée, selon les époques, de joueurs très majoritairement évoluant dans des championnats étrangers. Si cette équipe a des périodes de faiblesse, s’il lui arrive de subir d’humiliantes défaites, il lui est souvent arrivé de produire de brillantes représentations, notamment en phases finales de Coupe du monde. Aux termes des pratiques et règles universelles, cette sélection représente bien l’Algérie. Mais elle n’est, pour autant, pas représentative du football algérien. En termes de niveau, celui-ci évolue plusieurs étages plus bas que les championnats où le sélectionneur national va glaner son effectif. Devant cet état de fait, la presse nationale, loin de s’extraire de l’ambiance manipulatoire dans laquelle s’organise la fonction politique de l’EN, participe plutôt à l’entretenir. N’en ayant que pour l’EN, elle “couvre” le championnat, comme l’attendent ses lecteurs, mais se détourne littéralement des autres sports, eux-mêmes parents pauvres de la politique du sport ou plutôt de l’absence de politique en la matière. Comme
l’État, la presse se rappelle parfois, le temps d’un tournoi international, que les autres sports, oubliés le reste du temps, peuvent aussi rapporter des médailles et du prestige. En attendant un nouveau Morceli ou une nouvelle Boulmerka, tous se contentent de voir la boxe méprisée sauver parfois l’honneur. Et par acquis de conscience, nos journalistes sportifs posent régulièrement aux entraîneurs nationaux la question de la sélection des joueurs “locaux”. Cette fois-ci, l’entraîneur en exercice a pris la responsabilité d’énoncer clairement le réel enjeu : puisque le but est de construire une équipe pour gagner, on ne peut s’embarrasser d’hypocrisie “localiste”. Si on veut améliorer la qualité du football local et le rendre apte à défendre son statut au plan international, ce qui est le rôle théorique des autorités gouvernementales et fédérales, il faut se donner une politique sportive conséquente.  Nous sommes sur deux objectifs et deux… terrains distincts. Le gouvernement algérien n’a d’autre souci que celui de disposer d’un “onze” qui, par ses exploits, ahurit les foules. Et Belmadi — ou un autre — est payé pour monter et diriger ce onze-là. Il n’a pas de problème de territorialité de ses athlètes dans cette tâche. Pour le reste, c’est à nous, comme peuple, comme presse, “opinion” et “famille” sportives, de voir. Et, visiblement, nous aussi une équipe nationale qui nous représente bien à l’étranger, une bonne équipe de parade.
Avec, en arrière plan, un désert sportif où règnent l’affairisme et le concubinage politico-sportif, et qui ne produit rien de présentable au plan international.


M. H.


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