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contrechamp / ACTUALITÉS

La preuve… par la liberté d’expression


Le jour où le régime a dû ajourner l’élection présidentielle du 4 juillet 2019, le pouvoir est passé de la menace à la répression du Hirak. Ce jour-là, il s’est résolu à reprendre le processus électoral rejeté pour qu’il puisse se retrouver, en bout de chemin, dans la situation d’avant le 2 avril 2019. Le propos, pour lui, est de faire passer une réhabilitation pour une révolution.

L’argument en est que quelques-unes des figures symboliques du régime étaient en train d’être jugées, condamnées et donc éliminées. Le mouvement étant trop populaire et trop pacifique pour pouvoir assumer sa franche répression, le pouvoir opta pour une répression dure de hirakistes ou soutiens du Hirak dont la neutralisation lui semblait décisive, quitte à inventer les charges les plus insolites pour les besoins de cette tâche. Il est allé jusqu’à  accommoder certains articles du code pénal à cet impératif de répression.

Face à un mouvement irréprochable de pacifisme, mais aussi incontestable dans sa légitimité — et cela, rien qu’à considérer la dérive mafieuse du régime qu’il a révélée et en partie stoppée —, le pouvoir a préféré habiller sa politique répressive d’un formalisme judiciaire qui  n’a jamais fait illusion. 

La répression avait, et a toujours, pour finalité de faciliter la fuite en avant électorale qui, elle-même, devait aboutir à une normalisation politique, un fait accompli que le peuple finirait par accepter par lassitude, par peur ou, peut-être mieux, parce qu’il finira par être convaincu de l’avènement de “l’Algérie nouvelle”.

Or, depuis le temps que le régime célèbre l’émergence de cette “Algérie nouvelle”, il n’arrive toujours pas à persuader la plus grande partie du peuple manifestant de son accomplissement, ni même de sa virtualité, alors que sa répression fait de plus en plus scandale, renvoyant du pouvoir son image d’autoritarisme  répressif. Celui-ci a longtemps cru dissimuler sa nature oppressive en muselant les médias publics, en s’assujettissant les médias clients et en réprimant l’expression qui échappe à son contrôle direct.

Il a, en même temps, cru compenser l’étouffement organisé de l’information libre par un activisme communicationnel officiel que relaient ses multiples organes de matraquage médiatique. Or, c’est justement l’approche coercitive de la liberté d’expression qui a le plus contribué à étaler sa nature répressive.

C’est une tâche complexe que d’essayer d’imposer un message unique en surchargeant ses canaux de communication, de bâillonner l’expression autonome, qu’elle soit professionnelle ou citoyenne, tout en voulant parer un arbitraire de l’attribut de justice.

Le résultat en est que le pouvoir s’emmêle les pinceaux au point d’ajouter, à l’injustice de sa démarche, les effets des improvisations institutionnelles qu’elle suscite. S’il y a une manifestation éloquente de la persistance du régime supposé déchu, c’est bien le statut de la liberté de la presse.

 

M.H

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