Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

La “réconciliation”, version presse

Le président de la République a diffusé son message sur l’état de la liberté de la presse dans le pays. Et des professionnels de l’information ont dispensé leurs analyses sur le même fait.
Dans ce “débat”, tout se passe comme si la question de la liberté de la presse met en interaction deux protagonistes exclusifs : le pouvoir et la presse. Or, la question de la liberté de la presse est une question de société du fait qu’elle découle de droits citoyens plus généraux : la liberté d’expression et le droit à l’information.
Mais, si, au lendemain de la révolte d’Octobre 1988, la question de la liberté de la presse a, d’entrée, imprégné le cours des réformes politiques subséquentes à ces événements, elle n’a jamais vraiment accédé au rang de question nationale. Le pouvoir, reconverti à la restauration autoritariste dès l’assassinat de Boudiaf, n’a pas fini de souffrir la liberté de la presse comme un fâcheux fait accompli dont il doit s’accommoder faute de pouvoir l’abolir. Depuis, et s’agissant de la presse écrite (pour l’audiovisuel privé, en plus de retarder son avènement,  le pouvoir s’est assuré de sa configuration politique préalable), le pouvoir ne s’est jamais départi de son instinct de répression.
Mais, pour brouiller la réalité des enjeux, il fait semblant d’avoir affaire à une communauté homogène qui, de son côté, défend, dans la cohésion corporatiste, la liberté d’informer. Or, il n’en est rien. D’une part, “la presse” est l’abstraction d’une réalité composée d’entités éditrices et de personnels dont la divergence d’intérêts sociaux influe sur leurs visions respectives de leur mission sociale et, d’autre part, elle se trouve parcourue par les schismes idéologiques et politiques qui marquent notre pays.
Le régime actuel a approfondi les dissentiments existant dans la corporation en introduisant une différence de traitement “financier” selon la “distance” de la ligne éditoriale de chaque titre par rapport à ses intérêts politiques. Pire, beaucoup de créations de titres sont simplement le fait de sa recommandation et de l’attrait des “business plans” (dispenses de frais d’impression, disponibilité de la publicité institutionnelle) qui accompagnaient ses suggestions. L’avantage de cette forme de répression économique indirecte des titres non acquis au pouvoir est d’être plus “douce” que celle qui consistait en des pratiques de pression policière, de fermeture administrative ou de harcèlement judiciaire.
On peut même s’offrir le luxe démocratique de dépénaliser les délits de presse. Dans son message, le Président a demandé à la presse de porter “les insuffisances” des “démembrements de l’État” à l'opinion en vue de leur correction. Dire que la plupart des procès de journalistes portaient sur l’accusation de diffamation suite à des articles dénonçant des actes de prévarication de la part de responsables administratifs et politiques ! Aujourd’hui, les procès pour délits de presse sont moins fréquents, mais les procès pour malversation le sont encore moins !
Est-ce cela une vision “avant-gardiste” de la fonction d’information ? Une espèce de “réconciliation” où il n’y a plus ni mauvais pouvoir ni… mauvaise presse ?


M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER