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contrechamp / ACTUALITÉS

La régression passe sur le corps de la femme

Une joggeuse a été abordée par un jeune homme qui lui a rappelé, dans un langage empreint d’hostilité, qu’en cette fin de journée de Ramadhan sa place était à la cuisine. Quand elle est allée s’en plaindre, elle a découvert que l’agent avait le même avis que la personne qui l’a importunée.
Après tout, c’est le point de vue national, puisque, durant ce mois de jeûne, les Algériennes actives jouissent d’un aménagement  de leur journée de travail qui leur permet d’avoir du temps pour la cuisine. La règle n’est pas légalement établie, mais elle est partout appliquée, secteur public et privé confondus. Et les concernées, loin de s’en offusquer, y voient un providentiel privilège. Mais il y a comme ça des faveurs sociales qui sont des infamies politiques.
Il n’y a donc eu que des initiatives privées qui ont débouché sur l’organisation de courses de solidarité avec la jeune concitoyenne agressée. Mais à l’évidence, le versant intolérant, majoritaire, de la société n’a pas digéré cette réaction féministe, aussi marginale qu’elle le fût. Marginale, sûrement, mais parce qu’il a été médiatiquement relayé et amplifié, son message est resté en travers de la gorge de la communauté phallocrate.
Les cyberactivistes de ce large pan de société qui recule n’ont pas tardé à monter au front. En indiquant clairement les moyens les plus efficaces pour semer la terreur parmi des femmes qui réfutent l’ordre défendu par le macho de Bouchaoui. Ils ont donc suggéré, via Internet, de jeter des ampoules d’acide aux visages des femmes. Ainsi, aucune de “ces chiennes n’osera plus sortir”, expliquent les deux allumés qui se sont relayés dans “le partage” du message.
Les intégristes ne se départissent jamais de la terreur. Seul instrument, et donc la gradation, de cette terreur. Elle va de l’intimidation au meurtre, en passant par la menace et l’agression physique. Le choix de l’arme est question d’opportunité, de rapport de force avec la cible. Et comme la cible première est la femme, qui plus est dans un contexte de démission de l’État devant la guerre que l’obscurantisme mène aux libertés individuelles. Il y a comme une alliance islamo-conservatrice face à l’expression de ces libertés.
Et ce n’est pas un hasard. Car, l’évolution du statut de la femme est la base de l’évolution des sociétés. D’où cette espèce de passion que les islamistes ont pour le maintien de la femme dans sa condition d’infériorité, de minorité et de propriété.
Chez nous, la situation est encore plus grave. Dans le combat entre la régression et la modernité, l’islamisme a pris une longueur d’avance : le compromis de la “réconciliation nationale” revient, du point de vue de la gestion culturelle de la société, à ceci : les islamistes renoncent à contester au pouvoir le monopole du contrôle de sa rente et de sa sécurité ; en contrepartie, le pouvoir cède à l’islamisme la prérogative de régir les mœurs sociales et le droit d’exploiter une économie parallèle de bazar.
Or, l’idéal de la société islamique, c’est celui qui rabaisse la femme à ses fonctions matérielles de reproduction, d’objet sexuel et de nourrice. La règle universelle est respectée : c’est la femme qui, en priorité, paie les frais de la régression culturelle d’une société.

M. H.


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