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contrechamp / ACTUALITÉS

La revendication et son expression

Le ministre du Travail a émis un communiqué dans lequel il dénonce le fait que “la majorité des grèves ne respecte pas la réglementation”.
Difficile de s’avancer sur la conformité légale des actions sociales en cours. Comme sur leur gestion par les autorités de tutelle. Ce que l’on peut observer, cependant, c’est que le moindre mouvement finit en impasse. Ce qui dénote une inaptitude — partagée ? — au dialogue. Et explique le recours fréquent à la grève.
Ce que l’on peut aussi observer, c’est que les autorités sont moins contrariées par les mouvements de grève que par les mouvements de foule. Chaque fois que l’action revendicative prend la forme d’une manifestation publique, elle tombe dans le domaine de la gestion politique et policière. En particulier, quand c’est dans la capitale que le calme régnant est menacé. Les médecins résidents en ont encore fait les frais hier. Ils ont été embarqués dans des bus et réexpédiés sans ménagement hors de la ville.
Au même moment, les conflits sociaux se multiplient et touchent les grands services publics : santé, éducation nationale, université et, occasionnellement, transports. Mais le fait est que le pouvoir, même devant des questions strictement sociales, reste prisonnier de son travers qui fait qu’il n’en voit que l’effet politique. Dans leurs réponses à la demande sociale, les tutelles sont certainement limitées par la faiblesse de leurs moyens et de leurs prérogatives. D’un côté, la conjoncture économique a réduit les capacités de négociation d’un État-employeur qui a longtemps usé d’une politique salariale qui confine au soudoiement matériel sélectif. De l’autre, les réformes envisagées dans ces secteurs portent le risque de créer des motifs de mécontentement supplémentaires. Et pour ne pas offrir d’abcès de fixation à la contestation, il est tenté de laisser les choses en l’état dans ces secteurs sensibles. Par “prudence”, il a déjà suspendu les principaux projets touchant les secteurs en crise, la loi sur la santé et la réforme du baccalauréat en particulier.
Ce n’est pas en cette année préélectorale qu’il va s’aventurer à changer les habitudes de ses fonctionnaires. Or, le pouvoir n’a pas l’entier contrôle de la situation : l’économie nationale n’a pas été préparée à amortir les effets d’une éventuelle chute de la rente pétrolière. Et les contrecoups de cette baisse de rente se font déjà sentir à travers un bouillonnement social grandissant.
Ce qui inquiète et importune le plus le régime, c’est l’expression publique de l’effervescence syndicale et corporative. Il l’a bien montré, hier, à Alger et à Constantine, le pouvoir a pris option pour une répression radicale de toute manifestation de rue. Pas plus qu’il n’a toléré que se manifestent les revendications pour les libertés citoyennes, durant les années qui ont précédé, il ne semble pas disposé à laisser la revendication sociale investir l’espace public.
Nous sommes loin d’une simple volonté d’étouffement de la revendication sociale. Le pouvoir porte un regard politique sur tout : il ne peut souffrir cette pédagogie de l’expression citoyenne qui peut amener des forces autonomes à lui contester le monopole de la parole.


 M. H.


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1 réactions
Argaz le 13/02/2018 à 21h25

La revendication participative quelque soit son expression syndicale ou partisane ne signifie absolument pas grand choses pour le commun des algériens de la rue qui n’en croit plus rien. Est-ce une fatalité ou tout simplement une manière de renforcer sa position de statu quo qui l’avantage au plus haut point? Faudrait peut-être une étude pour s'en rendre compte définitivement. Cordialement.

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