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contrechamp / ACTUALITÉS

La révolution, c’est du long terme

à elles seules, les réactions des partis de l’Alliance qui, unanimement, saluent la démission de Bouteflika et l’action de l’ANP, justifient toutes les inquiétudes. Un “le roi est mort, vive le roi” partagé. Dans la culture de ces professionnels du pouvoir, le peuple est quantité négligeable. Même lorsqu’il se lève en masse, rendant la répression inopérante, sa révolte est appréhendée comme une perturbation passagère qu’il faut laisser filer. On en veut pour preuve la tartarinade du porte-parole du RND devant ses militants : “Le mouvement va durer un mois, deux, trois, cinq ?…puis il s’essoufflera”, leur a-t-il enseigné.

Il ne voit dans toute une révolution que la nécessité de changer de parrain. Salut au partant et honneur à l’arrivant ! 
Après avoir plongé la tête dans le sable durant six semaines, ils la relèvent pour exprimer leur disposition au nouveau maître et dire qu’ils ne regrettent pas l’ancien. C’est cela aussi le “système” : l’adaptabilité d’un personnel politique qui se moque de ce que le souverain fait de son pouvoir, pourvu qu’il sache en sous-louer quelques parcelles et assurer ainsi la prébende qui va avec. Même si, la suite de cette révolution semble toute tracée : la transition vers la République rêvée ne sera pas une sinécure. Pour le moment, et devant l’incertitude qui entoure les intentions réelles des militaires, il est, pour beaucoup, question de sauver sa peau d’abord. Mais dès que “le calme”, c’est-à-dire une espèce de retrait politique de la société en faveur des hommes de pouvoir, reviendra, les opportunistes d’hier sortiront du bois. À nouveau. 
Sauf que le peuple n’a non seulement pas dit son dernier mot, mais il ne compte pas le dire de sitôt. D’un certain point de vue, il est sorti pour ne plus rentrer et laisser le pouvoir, quel qu’il soit, gérer ses affaires à sa guise. À percevoir le souffle libérateur qui traverse le pays, les Algériens, les jeunes en particulier, n’ont pas l’intention de se laisser déposséder de leurs acquis actuels et à venir.
Ils comptent superviser les réponses à leurs revendications et leur mise en œuvre dans la durée. Les entreprises politiques à venir devront s’adapter à de nouvelles conditions d’exercice de la fonction politique. À commencer par la restitution des symboles nationaux et des moyens publics communs, comme les sigles et les locaux du FLN et de l’UGTA. 
Les putschs qui agitent les anciennes chapelles et coteries du régime, sous prétexte de redressement, ne sont que des opérations de sauvetage d’instruments de rente. Les ambitions politiques futures devront se donner, par eux, les moyens de faire triompher leurs convictions, si elles en ont.
Bref, une nouvelle forme de rapport au peuple devra s’instaurer : l’allégeance à un gourou ne devrait plus servir de voie de promotion politico-sociale ; c’est le peuple qui devra exercer sa vigilance sur l’action publique. La brosse ne devrait plus redevenir un moyen de sélection des “compétences”. Et le spectre du “cachir” devrait indéfiniment hanter la pratique publique indéfiniment. 
Nul ne sait le temps que devra durer le cycle des manifestations et rassemblements, mais pour réussir leur révolution, les Algériens devraient se résoudre à cultiver la vigilance politique indéfiniment. Sous une forme ou une autre.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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