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contrechamp / ACTUALITÉS

La révolution… sûrement, mais humblement

Des travailleurs ont, une nouvelle fois, envahi le périmètre du siège de l’UGTA pour demander le départ de son secrétaire général. Dérisoires soubresauts de collectifs dépassés par la soudaine accélération du train de l’Histoire. Ainsi, dans chacune des dépendances du régime en voie d’abolition, des groupes se forment et veulent “assainir” le FLN, le RND, le FCE, la justice ou la communication publique… Ils s’échinent à en chasser des leaders et des directions qui, souvent, ne sont déjà plus là !

Avec le succès médiatique de ces “sous-révolutions” qui ébranlent les succursales politiques du régime, des attestations de résistance sont parfois délivrées à d’authentiques partenaires et à de parfaits larbins, intermittents ou permanents, de l’ordre injuste et corrupteur qui nous a asservis durant deux longues décennies. 
Il y en a même qui, sur la scène médiatico-révolutionnaire, ont acquis un statut de vedettes qui les récompense d’avoir lâché le régime, maintenant qu’il s’effondre, après lui avoir fait cortège durant tout ou partie de son long règne.
Le propos n’est pas de renvoyer les partisans du régime, ses coalisés et ses courtisans à leur péché originel. Parce que nous sommes si nombreux à lui avoir aménagé les conditions de son emprise, si nombreux à avoir fait preuve de convoitise, d’inertie ou de peur. Parce que c’est justement d’une Algérie qui ne laissera plus personne sur le quai qu’il est actuellement question. Et puis, dans certaines situations, et en matière politique en particulier, la victime, non plus, n’est pas toujours exempte de reproches. Bouteflika a été illusionné par un retour d’écoute faussé de la part de sa cour, des… institutions et de tous ceux qui avaient intérêt à l’asservissement de la société et au saccage de ses ressources. La résignation d’un peuple, qui  globalement a fini par s’inscrire dans un système de clientélisme de masse, l’a aussi grisé. Le silence, voire le suffrage, de larges catégories d’assistés couvrait le mécontentement des larges classes de laissés-pour-compte : chômeurs, handicapés, jeunes…  
Quelle gloire, pour les affidés du FCE, de l’UGTA, du RND ou du FLN, à “dégager” Haddad, Sidi-Saïd, Ouyahia ou Bouchareb, aujourd’hui que Bouteflika est parti et que son régime “ga3” va partir par l’action d’un soulèvement populaire anonyme et généralisé ?
Au demeurant, ces redressements de “filiales” du système n’ont rien d’innocent : plutôt que de constituer un aspect de la rupture globale attendue, ils sont l’expression d’un effort de sauvegarde des instruments de dilapidation des ressources publiques et de contrôle de la vie politique, économique et sociale du pays. On astique les accessoires du régime pour qu’ils puissent encore servir quand nous aurons cru que le changement s’est effectué !
À quoi peut servir l’UGTA, même “assainie”, sinon à permettre à des entreprises déficitaires de distribuer des primes de rendement contre un soutien organique au gestionnaire de la rente ? À quoi peut servir le FLN, sinon à justifier, par son sigle même, la privatisation du patrimoine ? Et à l’avenant, pour tous ces ustensiles de détournement “licite” ou illicite…
Tous pour une république, une vraie. Mais chacun dans l’humilité et la réserve que nous imposent vingt ans de compromissions diverses et que nous commande l’ampleur du projet à honorer.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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