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contrechamp / ACTUALITÉS

La rupture à un rythme confus

L’écroulement d’un immeuble a fait cinq victimes, dont deux enfants. Il a été ravalé pour les besoins de la réouverture, l’année dernière, de la mosquée Ketchaoua rénovée par la Turquie et inaugurée par Bouteflika. Les services concernés ont dû comprendre par ravalement de circonstance l’ordre suivant : “Chaulez-moi ces murs que je ne saurais voir” et qui ne devraient pas polluer le champ des caméras.

La tragédie d’hier illustre cette nocivité d’une politique d’allocation de ressources prioritairement orientée vers l’entretien du prestige de la cour et la sponsorisation des fortunes amies. Une politique qui, par endroits et par moments, se révèle meurtrière.
En ces circonstances, ce genre d’“accidents” vient confirmer l’inéluctabilité du soulèvement d’un peuple qui a trop durablement enduré les effets des abus irresponsables d’une faune prédatrice à l’avidité insatiable. 
Il n’y a pas de temps à perdre pour rompre avec ce système qui relègue le souci des besoins du plus grand nombre au bas de l’échelle des préoccupations politiques. Enchaîné dans la nasse du système de subvention des produits dits de première nécessité, le petit a longtemps craint de se séparer du paternalisme social de l’État rentier, ouvrant la voie au déroutement des ressources nationales dans les comptes d’oligarques et de leurs obligés dans la politique et dans les institutions.
Mais alors que la justice accélère le rythme des auditions et arrestations d’hommes d’affaires, le calendrier politique du pouvoir ne semble pas correspondre à la revendication que les Algériens expriment depuis deux mois dans une complète unanimité. Ce flou dans les projections officielles est aggravé par la mascarade vécue hier lors de la conférence nationale : le président Bensalah lui-même n’y a pas assisté !
Même s’il l’a héritée des feuilles de route de Bouteflika, rendues caduques par sa démission, cette absence inattendue, pas même annoncée, de l’initiateur de la rencontre, a achevé d’effacer le soupçon de crédibilité auquel elle pouvait prétendre. Y compris pour les rares participants qui ont vu le statut de la réunion dégringoler avec l’absence du chef de l’État du fait de cette absence. Décidément, les présidents algériens sont faits pour ne jamais être là où on les attend ! 
Ainsi, une conférence qui devait confirmer la volonté de Bensalah, et du pouvoir, d’aller au bout du processus imposé par l’option de l’article 102 vient de poser la question du maintien d’un président de transition constitutionnelle, alors qu’il ne dispose point des conditions politiques qui correspondent à un processus !
Continuer dans cette démarche reviendrait à tergiverser devant le choix unique qui se présente au pays : mettre en œuvre la revendication populaire d’une autorité transitoire, nouvelle dans sa composition et révolutionnaire dans ses intentions, chargée d’aménager un contexte d’exercice réel de la volonté populaire.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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