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contrechamp / ACTUALITÉS

La rupture, une urgence nationale

Par quelle rationalité une même entité, pour ne pas dire une même personne, peut-elle obtenir 452 crédits dont le montant provient, pour ses trois quarts, d’une même banque publique ? 

Trop de questions se bousculent devant le spectacle effarant de ce saccage en règle qui a duré aussi longtemps et qui a nécessité le concours de si nombreux “responsables”. Car dans l’œuvre récente de pillage national, il n’y a pas que ceux qui ont accaparé de gros magots et leurs puissants complices et associés ; il y a toutes ces personnes relais qui, chaque jour, tordent le coup à la procédure pour satisfaire leurs parrains et conserver le strapontin qui leur assure un standing social minimal, une assurance carrière et quelques menus privilèges. 
Sans “ceux-là”, ni Bouteflika, ni son frère, ni les oligarques qu’ils ont parrainés, ni les hauts responsables qui les ont imités dans leur entreprise de démantèlement national, n’auraient pu sévir si durablement contre le Trésor public. 
“Ceux-là”, c’est l’administrateur qui signe des procédures illicites parce qu’il en a reçu l’ordre, c’est le gestionnaire qui croit que la soumission personnelle à l’autorité le dispense de respecter les principes de rentabilité et de légalité, c’est le député qui vote une loi de finances autorisant l’octroi de projets de pénétrantes (dont certaines, comme celle de Djendjen, de 110 kilomètres, sont elles-mêmes des autoroutes) selon la formule de gré à gré simple et avec une avance sur approvisionnement de 35% du montant du contrat, c’est l’enquêteur qui range son dossier dans le tiroir pour le cas où un puissant chef le lui demanderait un jour, c’est le magistrat qui accepte que le pouvoir politique lui trace les limites de sa compétence, c’est la Cour des comptes qui organise elle-même la confidentialité de ses rapports pour ne pas gêner les grands ordonnateurs…
Peut-être que jamais autant de monde n’a regardé, avec une telle imperturbabilité, autant de personnes ruiner leur pays avec autant d’entrain. Il faut dire que jamais une curée suscitée par la richesse d’un pays n’a éclaboussé autant de gens : très nombreux sont ceux qui en ont profité et qui en ont été salis aussi. Aux chiffres qui commencent à remonter à la surface, on voit que le gang se servait sans compter, au sens littéral du terme. La preuve : un premier administrateur désigné pour organiser les comptes d’un groupe oligarchique a dû déclarer forfait.
Alors oui, “le départ des symboles du régime ne signifie absolument pas le changement”. Si tant est qu’ils sont tous partis. Lorsqu’on voit que, par la même décision, un wali frère d’ancien ministre est déchu de son poste et qu’un frère d’actuel ministre est promu à la même fonction, on ne peut que ressentir cette proustienne impression de déjà vu.
C’est au système ayant permis et encadré cette grave et durable dérive nationale de partir si l’on veut prémunir le pays d’une récidive. Cela demande bien plus que la rédaction d’un projet de Constitution démocratique dans sa lettre.
Non, le changement se définit par son auteur plus que par son contenu. Aujourd’hui, il ne  peut être que le fait d’une génération politique convaincue que ce système toxique est inamendable. Son démantèlement est une question de salut national.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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