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contrechamp / ACTUALITÉS

La solitude du coureur de fond

Bouteflika a émis le vœu d’une “scène politique” nationale marquée par “une diversité, une confrontation de programmes et une course au pouvoir”.

On est partagé entre y lire une expression d’un réel souhait, un exercice d’ironie ou une simple formule permettant d’introduire son exhortation des forces politiques à placer “l'Algérie et les intérêts suprêmes de son peuple au-dessus de toute autre considération”.
Pourquoi le Président peut-il ranimer une vie publique victime d’un long processus d’assèchement politique conduit par son propre régime ? Bouteflika a, d’entrée, rendu le débat public sans objet en intégrant tout ce qu’il y avait de capital politique dans son régime. Dès la fin 1999, le débat cessa faute de débateurs. Après avoir exigé, et obtenu, “une majorité écrasante” à sa première élection, il s’aménagea des conditions de règne sans contradicteurs. D’emblée présenté comme “candidat du consensus”, Bouteflika débuta sa carrière de président avec un gouvernement qui figurait et organisait cet assentiment quasi unanime. Le calme n’a plus cessé de régner dans l’espace public, un calme sonore d’une scène que le Président animait à lui tout seul.
Et ne restait que la presse écrite, en partie engagée dans la contestation du pouvoir et de sa politique et qu’une classe politique devenue homogène, accablait de “vouloir se substituer aux partis politiques”, volatilisés il est vrai. Ils avaient déserté leurs fonctions de critique et de contre-proposition pour une tâche de légitimation du programme et de la méthode du Président. L’argent qui, par coïncidence, se faisait de plus abondant et la mystification pacificatrice de la “concorde civile” et de la “réconciliation nationale” achevaient d’affubler le régime de l’attribut injustifié d’efficacité économique, sociale et politique. Mais le fait est que la classe politique et l’opinion commune ont largement été converties à ce crédo. Un crédo ultérieurement renforcé par les politiques clientélistes et social-populistes dont l’embellie pétrolière durable a facilité le financement.
L’Algérie des années 2000 fut une Algérie sans opposition légale organisée, si l’on excepte le FFS et ses dispositions de principe, du moins jusque-là, le PT et sa contestation bienveillante, ce qui reste de MDS... Même après la crise de système en rapport avec l’élection présidentielle de 2004, l’attractivité du régime pour toutes sortes d’ambitions politiques et parapolitiques n’a pas perdu de son intensité.
En tout état de cause, avant et après 2004, les déçus de Bouteflika, qui constituent depuis, l’essentiel de “l’opposition”, en revenant de leur expérience, y avaient laissé une partie de leur âme et, surtout, l’essentiel de leurs troupes. À mesure que la scène politique se repeuplait de sigles, on constatait que le citoyen avait déserté le terrain. On assiste depuis, à des réunions d’états-majors, mais point de mouvements de fantassins. Il n’y a plus de “diversité”, pas même cette différenciation islamistes-démocrates qui faisait que, chez nous, c’était si facile de faire démocrate ! Et l’idée même de programme a fini par se dissoudre dans une problématique désormais centrée sur la question du énième mandat ou pas.
Quelle idée de vouloir lancer une “course au pouvoir” dans un pays qu’on a transformé en désert politique !


M. H


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1 réactions
Fraternity le 21/03/2018 à 13h36

Ceux qui étaient derrière la rédaction de ces communiqués (S.Bouteflika et ses amis..) voulaient marquer la présence de son excellence dans la continuité; Il s'agit d'un signal fort de départ pour recruter les nouveaux-anciens lièvres, pour une présidentielle connue à l'avance. Avec des termes, comme lignes rouges, c'est l'Etat qui choisit son président.. le pays n'est pas sortit de l'auberge;

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