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contrechamp / ACTUALITÉS

La stratégie de la “déresponsabilité”

Le gouvernement pourra donc imprimer autant d’argent qu’il voudra durant les cinq années à venir. Et en user à sa guise. Il avait précisé, dans un premier temps, que les sommes empruntées seront remboursées parce qu’elles iront à l’investissement productif. Mais il a aussi été question de rembourser Sonatrach et les banques qui ont prêté à Sonelgaz, de solder les créances des entreprises privées et publiques, de financer des équipements… Il y a aussi la promesse de juguler la pénurie de bananes, l’engagement de payer les salaires de novembre aux fonctionnaires et…aux parlementaires ! Il n’est donc pas certain que cet argent “imprimé” sera placé là où il pourra rapporter de quoi se rembourser. Cela a l’air d’un aventureux pari sur une reprise pétrolière.
Certes, une instance de contrôle est prévue. Mais, sa tâche sera de faire des rapports au Président. Elle a donc moins de prérogatives que la Cour des comptes ou l’IGF. Et l’Exécutif bénéficiera de toute la discrétion souhaitée.
Dans cette situation, on comprend pourquoi le pouvoir a préféré la planche à billets à l’endettement extérieur. Dans le cas choisi, la Banque d’Algérie étant dépouillée de son peu d’autonomie par l’abrogation de la loi sur la monnaie et le crédit, le gouvernement a toute la latitude de décider du montant et de la destination de la monnaie créée ; mais dans le cas d’un crédit du FMI, il n’aurait pas eu ce loisir, l’instance internationale étant regardante sur l’utilisation de l’argent prêté. Sans compter le contrôle qu’elle aurait imposé et les mesures d’assainissement structurel qu’elle aurait exigées.
Le pouvoir n’aime pas les engagements parce qu’il ne sait pas les tenir. Il n’aime pas le contrôle parce qu’il sait d’avance que ses résultats ne correspondent jamais à ses prévisions à l’emporte-pièce. Souvenons-nous de cet épisode où les ministres ont refusé de se présenter aux audiences de l’APN qui était censée les auditionner sur les écarts de réalisation de leurs objectifs budgétaires ! On l’a vu dans les affaires de Sonatrach et de l’autoroute en particulier, la Banque d’Algérie étant dépouillée du peu d’autonomie qu’elle avait par l’abrogation de la loi sur la monnaie et le crédit. Même dans les procès de corruption qui concernent leurs ministères, la justice n’a pas le droit de les entendre, comme on l’a vu dans les affaires Sonatrach et de l’autoroute, par exemple.
L’absence de contrôle, de bilans et même d’objectifs, la neutralisation des autres pouvoirs (législatif, judiciaire, monétaire, etc.) fondent cette culture de gestion désinvolte de l’État soutenue par une impunité systématique. En Algérie, le pouvoir se réduit à un centre de décision arbitraire. Celui-ci a provoqué la faillite sans avoir eu à l’assumer, nos institutions étant conçues pour déresponsabiliser le pouvoir. Alors, ce qu’il refuse à ses propres institutions, il ne va pas l’accorder au FMI !
En fait, en tout, le pouvoir algérien s’autorise ce confortable débridement qui lui permet d’agir, dans les domaines, à sa guise. La question de la religion, la diplomatie, l’économie, etc., tous les secteurs de gestion de l’État sont victimes de cette stratégie qui consiste pour le pouvoir à toujours choisir l’option qui l’engage le moins. Et qui assure l’irresponsabilité.


M. H.


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