Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

La stratégie du néant

Quatre aspirants présidents ont déjà annoncé leur candidature pour 2009. Ce qui peut déjà rassurer le pouvoir : Bouteflika aura de la compagnie pour la campagne. Parce qu’il n’y a rien de plus incommodant pour une dictature élective que le boycottage et l’abstention.
C’est donc une bonne nouvelle pour l’ordre en place que des “ambitions” commencent à se manifester. En attendant que les “pros”, les oscarisés du second rôle, se signalent, ces précoces annonces compensent le nihilisme de ces chefs politiques qui dénoncent l’éventualité d’un cinquième mandat ou lancent des initiatives de rassemblement, de candidature unique, de gouvernement de transition…  
Bouteflika préférerait certainement “se mesurer” à des politiciens plus aguerris que Fethi Gharès, plus consistants qu’Ali Zaghdoud, plus sérieux que Tahar Missoum, plus préparés que Nacer Boudiaf… La victoire à la “majorité écrasante” qu’il réalisera alors n’en sera que plus glorieuse. Mais faute de plus gros calibres, Louisa Hanoune et Fawzi Rebaïne, accompagnés de l’incontournable candidat islamiste, du genre Makri ou Djaballah, feraient quand même l’affaire.  
Le plus dur, pour le pouvoir, ne sera pas de recruter des candidats, mais d’attirer les citoyens vers les bureaux de vote. Car dans l’état où il a mis la vie politique nationale, il n’y a pas de forces politiques capables de lui rameuter des électeurs. Ni dans l’opposition, désertée par une base qui a fini par se convertir à l’opportunisme grappilleur ambiant et de toute manière interdite d’action sur le terrain, ni parmi les organisations du pouvoir qui ne peuvent mobiliser que les permanents de la rente.
Il y a d’ailleurs longtemps que les Algériens ont cessé de participer à des parties de vote dont l’issue est décidée d’avance. Une défaillance populaire que l’administration doit invariablement compenser par un bourrage d’urnes qui lui permet, en passant, de modérer les résultats au gré de la volonté de l’autorité. Ce sera encore le cas en 2019, que le régime impose Bouteflika pour un cinquième mandat ou qu’il choisisse de le remplacer.
Le régime a transformé l’État en instrument de promotion électorale permanente. Il use des  ressources de cet État comme d’un budget de campagne et emploie son personnel à des tâches d’action politique.
À trop vouloir s’assurer le contrôle d’une “démocratie” qu’il a adaptée à sa nature totalitaire, le régime a fait place nette, en termes de vie politique. De sorte qu’il se voit contraint, le temps d’un rendez-vous électoral, de colmater de toutes parts une opération électorale à chaque fois scandaleusement truquée. En ignorant ou en disqualifiant les intermédiaires politiques de la population, le pouvoir s’est coupé de la société. Le jour de l’explication, il aura à s’y confronter directement, sans intermédiaire politique ou social.
Il aura, en face, pour classe politique les “repentis” qu’il a engraissés et les baltaguias qu’il a formés, et pour société civile des Chikhi de toute taille et des parkingueurs syndiqués.

M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER